Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

— c’est-à-dire : « quelle est donc cette clameur ? » Or, dans cet exemple, on fait dépendre le principe du dérivé ; à plus forte raison est-il permis d’expliquer un féminin par un masculin, puisqu’il s’agirait alors de faire dépendre le dérivé du principe. Voilà qui constitue un argument solide.

Deux objections, toutes deux infirmes et non contraignantes, ont pourtant été formulées.

La première : si l’on admettait qu’un mot féminin pût être interprété par un masculin correspondant, et inversement, on pourrait dire : « kallamatnī Zayd », « akramatnī ʿAmr », ou encore : « kallamanī Hind » et « akramanī Zaynab », en entendant « Zayd » et « ʿAmr » au sens de « l’âme » ou « le corps », et « Hind » et « Zaynab » au sens de « la personne » ou « l’apparence ». Cela est évidemment erroné, et l’objection ne tient pas, car les grammairiens n’ont jamais prétendu que cette licence fût générale ; ils ont seulement dit qu’elle peut, dans certains contextes, être recevable. Il y a en effet une différence entre ce qui n’est permis qu’à l’occasion et ce qui relève d’une règle constante, telle que le nominatif du sujet ou l’accusatif du complément d’objet ; nul n’a affirmé que notre cas appartient à cette seconde catégorie.

De plus, cette réfutation est écartée par toutes les tournures qu’autorise la langue pour un motif précis sans qu’elles soient pour autant systématiques ; elles sont trop nombreuses pour être énumérées ici et aucun grammairien ne les conteste. N’est-ce pas, en réalité, une attaque contre les règles de l’arabe par le biais de chicanes et de contradictions auxquelles les spécialistes ne prêtent aucune attention ? Si l’on avait soutenu qu’il est loisible, en toute circonstance, de substituer chaque féminin par un masculin correspondant — et réciproquement —, la critique serait fondée ; mais on n’a dit que ceci : il est parfois permis de substituer l’un à l’autre lorsqu’un bénéfice s’ensuit, comme dans le cas — déjà mentionné — où l’on comprend la miséricorde comme bienfaisance.

La seconde objection : rapporter la miséricorde à la bienfaisance devrait être soit un emploi au sens propre, soit un emploi métaphorique ; or les deux sont impossibles. Miséricorde et bienfaisance sont, en effet, deux notions distinctes dont l’une n’implique pas nécessairement l’autre : la miséricorde peut abonder chez celui qui est incapable de bienfaisance, telle la mère impotente ; inversement, la bienfaisance peut émaner d’un homme dénué de toute miséricorde, comme un roi dur qui accorde des faveurs à certains ennemis pour l’intérêt de son royaume sans ressentir aucune compassion. Puisqu’il est établi que l’une peut se dissocier de l’autre, l’un ne saurait être appliqué à l’autre, ni au sens propre ni au sens figuré. Au sens propre, l’impossibilité est évidente. Au sens figuré, il faut que le sens métaphorique surgisse d’emblée à l’esprit pour que l’intellect puisse s’y transporter ; si les deux notions sont indépendantes, cette association ne se produit pas.

أي ما هذه الصيحة مع أنه حمل أصل على فرع فلأن يجوز تأويل مؤنث بمذكر لكونه حمل فرع على أصل أولى وأحرى وهذا وجه وجيه. وقد اعترض عليه باعتراضين فاسدين غير لازمين. أحدهما: أنه لو جاز تأويل المؤنث بمذكر يوافقه وعكسه لجاز أن يقال: كلمتني زيد، وأكرمتني عمرو، وكلمني هند وأكرمني زينب، تأويلا لزيد وعمرو بالنفس والجثة وتأويلا لهند وزينب بالشخص والشبح. وهذا باطل، وهذا الاعتراض غير لازم، فإنهم لم يدّعوا إطراد ذلك وإنما ادّعوا أنه مما يسوغ أن يستعمل، وفرق بين ما يسوغ في بعض الأحيان وبين ما يطرد، كرفع الفاعل ونصب المفعول وهم لم يدعوا أنه من القسم الثاني. ثم إن هذا الاعتراض مردود بكل ما يسوغ استعماله بمسوغ وهو غير مطرد وهو أكثر من أن يذكر هاهنا ولا ينكره نحوي أصلا. وهل هذا إلا اعتراض على قواعد العربية بالتشكيكات والمناقضات؟ وأهل العربية لا يلتفتون إلى شيء من ذلك. فلو أنهم قالوا يجوز تأويل كل مؤنث بمذكر يوافقه وبالعكس لصح النقض وإنما قالوا يسوغ أحيانا تأويل أحدهما بالآخر لفائدة يتضمنها التأويل كالفائدة التي ذكرناها من تأويل الرحمة بالإحسان. الاعتراض الثاني: أن حمل الرحمة على الإحسان إما أن يكون حملا على حقيقته أو مجازه وهما ممتنعان. فإن الرحمة والإحسان متغايران لا يلزم من أحدهما وجود الآخر، لأن الرحمة قد توجد وافرة في حق من لا يتمكن من الإحسان كالوالدة العاجزة ونحوها. وقد يوجد الإحسان ممن لا رحمة في طباعه كالملك القاسي فإنه قد يحسن إلى بعض أعدائه وغيرهم لمصلحة ملكه مع أنه لا رحمة عنده. وإذا تبين انفكاك أحدهما عن الآخر لم يجز إطلاقه عليه لا حقيقة ولا مجازا. أما الحقيقة فظاهر. وأما المجاز: فإن شرطه خطور المعنى المجازي بالبال ليصح انتقال الذهن إليه فإذا كان منفكا عن الحقيقة لم يخطر بالذهن.

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