Anas ibn Mâlik rapporte : « Le Messager d’Allah ﷺ récita : “Une récompense pour l’excellence autre que l’excellence ?” Puis il dit : “Savez-vous ce qu’a dit votre Seigneur ?” — “Allah et Son Messager le savent mieux”, répondirent-ils. Il dit alors : “Il dit : La récompense de celui à qui J’ai accordé le bienfait de l’unicité n’est-elle pas le Paradis ?” »
Section
Quant au fait de rapporter la miséricorde — mot féminin marqué par le tā’ — au moyen de l’adjectif « qarīb » (« proche »), qui, lui, est au masculin, douze explications ont été avancées ; nous les exposerons en indiquant ce qu’elles comportent de valide, de faible ou d’approchant.
Première voie : le schème faʿīl se présente sous deux formes.
- Employé avec la valeur active, équivalente à fāʿil, comme qadīr (Tout-Puissant), samīʿ (Audient), ʿalīm (Omniscient).
- Employé avec la valeur passive, équivalente à mafʿūl, comme qatīl (tué), jarīḥ (blessé), ainsi que dans les expressions : kaffun khuḍīb (une main teinte), ṭarfun kaḥīl (un regard souligné de khôl), shaʿrun dahīn (une chevelure huilée) — tous à sens passif.
Lorsqu’il est pris au sens actif, la règle veut qu’il reçoive le tā’ du féminin avec le féminin mais non avec le masculin : jamīl / jamīla, sharīf / sharīfa, ṣabīḥ / ṣabīḥa, ṣabī / ṣabiyya, malīḥ / malīḥa, ṭawīl / ṭawīla, etc.
Employé au sens passif, deux cas se présentent :
– s’il reste accolé au nom qu’il qualifie, le masculin et le féminin y sont identiques : rajulun qatīl (un homme tué), imra’atun qatīl (une femme tuée) ;
– s’il est détaché de son support, on le féminise lorsqu’il renvoie à un féminin : qatīlatu banī fulān (la femme tuée de telle tribu). Relève de ce type la parole divine : « Il vous est interdit la bête morte… » jusqu’à « … et la bête encornée ».
Tel est le jugement concernant faʿīl. Le schème faʿūl lui est voisin par la forme et par le sens : ils partagent le même mètre, la nuance d’intensité et la possibilité d’être tantôt actifs, tantôt passifs.
Du fait que faʿīl est plus léger à l’oreille, on s’est contenté de lui à la place de fāʿil pour les verbes à consonne redoublée (jalīl, ʿazīz, dhalīl), afin d’éviter la lourdeur de jallāl, ʿazzāz, dhallāl ; on a donc utilisé faʿīl, où la voyelle longue yā’ immobile sépare les deux lettres identiques. On n’a pas recouru à faʿūl, parce que faʿīl est plus léger ; et, pour la même raison, sa dérivation à partir de la racine faʿala s’est généralisée — sharīf, ẓarīf, jamīl, nabīl — alors qu’aucun schème analogue ne se fixe pour faʿūl. C’est encore en raison de cette légèreté qu’il apparaît, dans les Noms divins, plus abondamment que