Septièmement : garder la voix basse pousse davantage à persévérer dans la demande, car la langue ne se lasse pas et les membres ne se fatiguent pas. À l’inverse, celui qui élève la voix finit par épuiser sa langue et par sentir ses forces faiblir. Il en va de même de celui qui lit et répète à haute voix : il ne peut prolonger son effort aussi longtemps que celui qui récite à voix douce.
Huitièmement : la supplication secrète se tient plus à l’écart des coupures, des perturbations et de tout ce qui l’amoindrit. Tant que l’orant la dissimule, nul ne le sait ; il n’est donc exposé à aucune gêne. S’il la proclame, les esprits malfaisants – parmi les djinns et les hommes – s’en avisent, le troublent inévitablement, le contrecarrent et s’opposent à lui. Il suffirait déjà que leur simple attention disperse sa concentration et affaiblisse l’effet de la prière ; l’expérience en témoigne. En la tenant secrète, il se prémunit de ce fléau.
Neuvièmement : le plus grand des bienfaits est de se tourner vers Allah, de L’adorer, de se consacrer à Lui et de se vouer exclusivement à Son culte. Chaque grâce a son jaloux à la mesure de son importance, et il n’en est pas de plus haute que celle-ci. Les âmes des envieux, privées de cette faveur, y sont donc tout particulièrement attachées. Le moyen le plus sûr pour le bénéficiaire est de la tenir cachée et de ne pas chercher à l’exhiber. Jacob dit ainsi à Joseph : « Ne raconte pas ta vision à tes frères, car ils fomenteraient un complot contre toi ; le Diable est, pour l’homme, un ennemi déclaré. » (12 : 5). Que d’hommes au cœur recueilli, jouissant d’une proximité avec leur Seigneur, en ont parlé avant que d’autres ne la leur arrachent, les laissant se frapper les mains de regret !
C’est pourquoi les connaisseurs et les maîtres spirituels recommandent de garder le secret avec Allah, de n’en informer personne et d’en user de la plus stricte discrétion, comme l’a chanté l’un d’eux :
« Celui à qui l’on confia le secret et qui, par zèle, le dévoila
Ne sera plus jamais jugé digne d’un secret tant qu’il vivra.
Écarté, il ne goûta plus leur proximité ;
L’intime amitié se mua pour lui en éloignement.
Ils ne se fient pas à qui divulgue ne fût-ce qu’une part de leur secret ;
Leur affection s’en tient, pour toujours, à l’écart. »
Ces gens-là cachent par-dessus tout leurs états avec Allah, l’amour qu’Il leur a accordé, la familiarité qu’ils éprouvent auprès de Lui et la concentration de leur cœur sur Lui, surtout lorsqu’il s’agit du novice ou du cheminant. Lorsqu’il aura acquis