Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Si l’on objecte : « Allah, exalté soit-Il, ne parle pas à Ses serviteurs », nous répondons : Bien au contraire, Il leur a bel et bien parlé. Certains – tel Moïse – furent directement interpellés par Allah, de Lui à eux, derrière un voile, sans aucun intermédiaire. D’autres reçurent Sa Parole par l’entremise de Son messager angélique : ce sont les prophètes. Quant à l’ensemble des hommes, Allah leur a parlé par la bouche de Ses envoyés : Il leur a fait descendre Sa Parole, que Ses messagers leur ont transmise en disant : « Voici la Parole d’Allah, qu’Il a Lui-même prononcée et qu’Il nous a ordonné de vous communiquer. »

C’est pourquoi les anciens ont déclaré : « Quiconque nie qu’Allah parle nie par là même la mission de tous les messagers », car l’essence de leur mission est de transmettre aux serviteurs la Parole qu’Il a réellement prononcée ; si l’on nie Sa Parole, la mission disparaît.

Le Très-Haut dit à propos du Samaritain, dans la sourate Ṭâ-Hâ 20:88 : « Il fit alors sortir pour eux un veau – un simple corps qui mugissait. Ils dirent : “Voilà votre dieu et le dieu de Moïse ; mais il a oublié !” N’ont-ils donc pas vu qu’il ne leur rendait aucune parole et ne possédait pour eux ni mal ni bien ? » Or « rendre la parole » signifie ici parler et adresser un discours.

Il dit encore 16:76 : « Allah propose la parabole de deux hommes : l’un est muet, incapable de rien, fardeau pour son maître ; partout où celui-ci l’envoie, il ne rapporte aucun bien. Est-il l’égal de celui qui ordonne la justice et qui, lui-même, suit une voie droite ? » Ainsi, le déni de l’attribut de la Parole est érigé en preuve de l’invalidité de la divinité.

C’est là une vérité reconnue par la nature primordiale, par la raison saine et par les Écritures célestes : celui qui est dépourvu des attributs de perfection ne peut être Dieu, ni administrateur, ni Seigneur ; il est au contraire blâmable, défectueux et imparfait, et aucune louange ne lui est due, ni ici-bas ni dans l’au-delà. La louange, en ce monde comme dans l’autre, appartient uniquement à Celui qui possède les attributs de perfection et les traits de majesté grâce auxquels Il mérite l’éloge.

C’est pour cela que les pieux prédécesseurs ont intitulé « Tawḥîd » les ouvrages qu’ils ont consacrés à la Sunna et à l’affirmation des attributs du Seigneur – Son élévation au-dessus de la création ainsi que Sa Parole et le fait qu’Il parle ; car nier ces réalités, les rejeter ou les renier revient à nier le Créateur. L’unicité consiste, au contraire, à affirmer Ses attributs de perfection et à Le tenir pour exempt de tout équivalent et de toute imperfection.

Les négateurs (muʿaṭṭila) ont pourtant baptisé « tawḥîd » le rejet des attributs et la destitution du Créateur, tandis qu’ils taxent d’anthropomorphisme, de corporalisme et de composition ceux qui affirment ces attributs pour Allah. Ils ont ainsi donné au faux le nom du vrai, afin de le rendre attrayant et d’écouler leur marchandise fardée, et ils ont affublé le vrai du nom du faux pour en détourner les gens. Or la plupart des hommes se contentent de la surface de la monnaie, sans posséder l’œil critique des experts. 18:17 « Celui qu’Allah guide, c’est lui… »

فإن قيل: فالله تعالى لا يكلم عباده. قيل: بلى، قد كلمهم، فمنهم من كلمه الله من وراء حجاب، منه إليه بلا واسطة، كموسى. ومنهم من كلمه الله على لسان رسوله الملكي. وهم الأنبياء. وكلم الله سائر الناس على ألسنة رسله. فأنزل عليهم كلامه الذي بلغته رسله عنه. وقالوا لهم: هذا كلام الله الذي تكلم به وأمرنا بتبليغه إليكم. ومن هاهنا قال السلف: من أنكر كون الله متكلما فقد أنكر رسالة الرسل كلهم. لأن حقيقتها تبليغ كلامه الذي تكلم به إلى عباده، فإذا انتفى كلامه انتفت الرسالة وقال تعالى في سورة طه عن السامري ٢٠: ٨٨ فَأَخْرَجَ لَهُمْ عِجْلًا جَسَداً لَهُ خُوارٌ فَقالُوا: هذا إِلهُكُمْ وَإِلهُ مُوسى، فَنَسِيَ. أَفَلا يَرَوْنَ أَلَّا يَرْجِعُ إِلَيْهِمْ قَوْلًا، وَلا يَمْلِكُ لَهُمْ ضَرًّا وَلا نَفْعاً؟ ورجع القول: هو التكلم والتكليم. قال تعالى: ١٦: ٧٦ ضَرَبَ اللَّهُ مَثَلًا رَجُلَيْنِ أَحَدُهُما أَبْكَمُ لا يَقْدِرُ عَلى شَيْءٍ، وَهُوَ كَلٌّ عَلى مَوْلاهُ، أَيْنَما يُوَجِّهْهُ لا يَأْتِ بِخَيْرٍ، هَلْ يَسْتَوِي هُوَ وَمَنْ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ، وَهُوَ عَلى صِراطٍ مُسْتَقِيمٍ فجعل نفي صفات الكلام موجبا لبطلان الإلهية. وهذا أمر معقول بالفطر والعقول السليمة والكتب السماوية: أن فاقد صفات الكمال لا يكون إلها، ولا مدبرا، ولا ربّا، بل هو مذموم معيب ناقص، ليس له الحمد لا في الأولى، ولا في الآخرة. وإنما الحمد في الأولى والآخرة لمن له صفات الكمال، ونعوت الجلال، التي لأجلها استحق الحمد. ولهذا سمي السلف كتبهم التي صنفوها في السنة وإثبات صفات الرب وعلوه على خلقه، وكلامه وتكليمه: توحيدا. لأن نفي ذلك وإنكاره والكفر به إنكار للصانع، وجحد له، وإنما توحيده: إثبات صفات كماله، وتنزيهه عن الشبيه والنقائص. فجعل المعطلة جحد الصفات وتعطيل الصانع عنها توحيدا، وجعلوا إثباتها لله تشبيها وتجسيما وتركيبا. فسموا الباطل باسم الحق، ترغيبا فيه، وزخرفا ينفقونه به. وسموا الحق باسم الباطل تنفيرا عنه، والناس أكثرهم مع ظاهر السّكّة، ليس لهم نقد النقاد: ١٨: ١٧ مَنْ يَهْدِ اللَّهُ فَهُوَ

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