ce Nom-porté. C’est cette considération qui l’a conduit à faire porter le terme « invocation » dans ce verset sur l’idée de « nomination ».
Cependant, ce qu’il avance n’est qu’une conséquence du sens visé par le mot « invocation » et non son essence même. Dans le Coran, l’invocation conserve son acception constante : l’invocation de demande et l’invocation de louange. Celles-ci englobent certes l’acte de nommer, mais il ne s’agit pas d’une simple appellation dépourvue d’adoration et de requête ; c’est bien la nomination qui s’inscrit dans la louange et la demande.
Ainsi, dans ce contexte, le verbe « vous invoquiez » (tadʿū) peut légitimement être compris au sens de « vous nommiez ». Réfléchis-y : quel que soit le nom par lequel vous Le nommiez dans vos louanges, vos invocations et vos supplications… Allah sait mieux.
Quant à la Parole du Très-Haut, 51 : 28 : « Nous L’invoquions déjà auparavant ; Il est, Lui, le Bienfaisant, le Tout Miséricordieux », il s’agit d’une invocation d’adoration qui inclut la demande, nourrie d’espoir et de crainte.
Autrement dit : « Nous Lui vouions auparavant un culte exclusif. » C’est à ce titre qu’ils méritèrent qu’Il les préserve du feu brûlant, et non à cause de la simple demande – demande que formulent aussi bien les sauvés que les autres, car tous ceux qui se trouvent dans les cieux et sur la terre sollicitent Allah, exalté soit-Il. La réussite et le salut tiennent à la sincérité du culte, non à la demande seule.
Il en va de même pour la déclaration des jeunes gens de la caverne, 18 : 14 : « Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre ; jamais nous n’invoquerons de divinité en dehors de Lui », c’est-à-dire : nous n’adorerons personne d’autre que Lui.
Ainsi encore, 37 : 125 : « Allez-vous invoquer Baʿl et délaisser le Meilleur des créateurs ? »
En revanche, la Parole du Très-Haut, 28 : 64 : « On dira : “Appelez vos associés.” Ils les appelleront, mais ceux-ci ne leur répondront pas ; et ils verront le châtiment… Ah ! s’ils avaient été bien guidés ! » relève de l’invocation de demande. Allah – exalté soit-Il – les confondra et les couvrira de honte, au Jour de la Résurrection, en leur montrant que leurs prétendus associés ne répondent pas à leur appel ; il ne s’agit nullement de leur ordonner de les adorer.
Il en va de même pour 18 : 52 : « Et le jour où Il dira : “Appelez Mes associés que vous prétendiez (avoir) !” Ils les appelleront, mais ceux-ci ne leur répondront pas. »