On a donc avancé qu’il s’agit ici d’une invocation de demande, c’est-à-dire : « Tu m’as accoutumé à recevoir Ta réponse et Ton secours ; jamais Tu ne m’as attristé par un refus ni privé de Ta grâce. » Le prophète Zacharie se recommande ainsi auprès d’Allah – exalté soit-Il – au moyen des réponses et des bienfaits antérieurs qu’Il lui avait déjà accordés. On rapporte, à titre d’illustration, qu’un homme sollicita l’aide d’un autre en disant : « C’est moi envers qui tu as été bienfaisant à telle et telle époque. » L’interpellé répliqua : « Bienvenue à celui qui plaide sa cause auprès de nous par nos propres bienfaits », puis il pourvut à son besoin. Tel est bien le sens ici.
Cela se voit au fait que Zacharie plaça cette parole avant de demander un enfant ; il en fit un moyen de rapprochement auprès de son Seigneur et demanda à Celui-ci de le traiter selon l’habitude qu’Il lui avait déjà inculquée : satisfaire ses besoins et exaucer ses requêtes.
Cela se voit également au fait qu’il a formulé cette introduction avant de demander un enfant, en la prenant pour moyen d’accès auprès de son Seigneur, et qu’il Lui demanda de poursuivre…
Quant à la Parole du Très-Haut, 17 : 110 : « Dis : “Invoquez Allah ou invoquez le Tout Miséricordieux ; quel que soit le nom par lequel vous L’invoquiez, à Lui appartiennent les plus beaux noms.” », il s’agit là de l’invocation connue, à savoir l’invocation de demande, et c’est la raison de la révélation.
Ils ont rapporté : « Le Prophète ﷺ invoquait son Seigneur ; il disait tantôt : “Ô Allah !”, tantôt : “Ô Rahmân !” Les ignorants parmi les polythéistes crurent alors qu’il appelait deux divinités, et Allah – exalté soit-Il – fit descendre ce verset. »
Ibn ʿAbbâs a déclaré : « Les polythéistes entendirent le Prophète ﷺ, alors qu’il était en prosternation, dire : “Ô Rahmân, ô Rahîm !” Ils dirent : “Il prétend invoquer un Dieu unique, et pourtant le voilà qui invoque en couple.” Allah fit donc descendre ce verset : “Dis : Invoquez Allah ou invoquez le Tout Miséricordieux…”. »
D’autres ont soutenu que le terme “invocation” (duʿâʾ) a ici le sens de “nomination”, comme dans l’expression arabe : « J’ai appelé (daʿawtu) mon fils Saʿîd. Appelle-le (idʿuh) ʿAbd-Allâh », etc. Le sens serait alors : « Nommez votre Seigneur “Allah” ou nommez-Le “ar-Rahmân”. » L’invocation aurait donc ici le sens de “dénomination” ; telle est l’opinion d’az-Zamakhsharî.
Ce qui l’a conduit à cette interprétation est la parole : « Quel que soit le nom (ayya mâ tadʿû) par lequel vous L’invoquiez, à Lui appartiennent les plus beaux noms », car le propos vise, selon lui, la pluralité des noms uniquement.
Le sens du mot “ayya” et sa portée générale, en ce passage, n’indiquent rien d’autre que la multiplicité des noms. Autrement dit : quel que soit le nom par lequel vous Le désignez parmi les noms divins – qu’il s’agisse de “Allah” ou de “ar-Rahmân” –, Il possède les plus beaux noms ; le Nom-porté, exalté soit-Il, possède les plus beaux noms. Et le pronom « Lui » (lahu) renvoie à