Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Ainsi, Il – exalté soit-Il – dit encore : 17 : 33 « N’approchez pas de la fornication : c’est une turpitude et quel mauvais chemin ! » Dans ces deux passages, l’interdiction est donc rattachée au fait que l’acte prohibé constitue une turpitude. Or, si son caractère de turpitude se réduisait à l’interdit même, ce serait expliquer la chose par elle-même ; ce reviendrait à affirmer : « N’approchez pas de la fornication, car elle vous dit de ne pas l’approcher », ou : « parce qu’elle est interdite. » Une telle explication est impossible pour deux raisons :
– Premièrement, elle viderait le propos de toute utilité ;
– Deuxièmement, elle reviendrait à justifier l’interdiction par l’interdiction même !

[Sourate al-Aʿrâf (7), versets 55-56]
« Invoquez votre Seigneur humblement et en secret, car Il n’aime pas les transgresseurs. (55) Ne semez pas la corruption sur la terre après qu’Il l’a rétablie ; invoquez-Le dans la crainte et l’espérance, car la miséricorde d’Allah est proche des bienfaisants. » (56)

Ces deux versets renferment l’éthique des deux formes d’invocation (duʿâʾ) : l’invocation cultuelle et l’invocation de demande.
En effet, dans le Coran, le terme duʿâʾ désigne tantôt l’une, tantôt l’autre, et parfois les deux à la fois ; or elles sont indissociables.
L’invocation de demande consiste à solliciter ce qui profite au suppliant et à demander la levée – ou l’éloignement – de ce qui lui nuit. Celui qui détient le pouvoir de nuire et de procurer le bien est, à juste titre, la divinité ; il est donc indispensable que l’objet d’adoration possède la maîtrise du profit et du tort. C’est pourquoi Allah a blâmé le fait d’adorer, à Sa place, ce qui ne possède ni nuisance ni avantage – reproche fréquemment réitéré dans le Coran –, comme dans Sa parole : 10 : 18 « Ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne leur cause ni tort ni avantage » ; Sa parole : 10 : 106 « N’invoque, en dehors d’Allah, ce qui ne peut ni te profiter ni te nuire » ; Sa parole : 5 : 76 « Dis : “Adorez-vous, en dehors d’Allah, ce qui ne détient pour vous ni mal ni bien ? Alors qu’Allah est l’Audient, l’Omniscient.” » ; et Sa parole : 21 : 66-67 « Adorez-vous, en dehors d’Allah, ce qui ne vous profite en rien et ne vous… »

ومن هذا قوله تعالى: ١٧: ٣٣ وَلا تَقْرَبُوا الزِّنى إِنَّهُ كانَ فاحِشَةً وَساءَ سَبِيلًا فعلل النهي في الموضعين بكون المنهي عنه فاحشة. ولو كان جهة كونه فاحشة هو النهي لكان تعليلا للشيء بنفسه، ولكان بمنزلة أن يقال: لا تقربوا الزنا فإنه يقول لكم لا تقربوه، أو فإنه منهي عنه. وهذا محال من وجهين. أحدهما: أنه يتضمن إخلاء الكلام من الفائدة. والثاني: أنه تعليل للنهي بالنهي! [سورة الأعراف (٧) : الآيات ٥٥ الى ٥٦] ادْعُوا رَبَّكُمْ تَضَرُّعاً وَخُفْيَةً إِنَّهُ لا يُحِبُّ الْمُعْتَدِينَ (٥٥) وَلا تُفْسِدُوا فِي الْأَرْضِ بَعْدَ إِصْلاحِها وَادْعُوهُ خَوْفاً وَطَمَعاً إِنَّ رَحْمَتَ اللَّهِ قَرِيبٌ مِنَ الْمُحْسِنِينَ (٥٦) هاتان الآيتان مشتملتان على آداب نوعي الدعاء: دعاء العبادة، ودعاء المسألة. فإن الدعاء في القرآن يراد به هذا تارة، وهذا تارة. ويراد به مجموعهما. وهما متلازمان. فإن دعاء المسألة هو طلب ما ينفع الداعي، وطلب كشف ما يضره، أو دفعه. ومن يملك الضر والنفع فإنه هو المعبود حقا. والمعبود لا بد أن يكون مالكا للنفع والضر. ولهذا أنكر الله تعالى على عبد من دونه ما لا يملك ضرا ولا نفعا، وذلك كثير في القرآن. كقوله تعالى: ١٠: ١٨ وَيَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ ما لا يَضُرُّهُمْ وَلا يَنْفَعُهُمْ وقوله تعالى: ١٠: ١٠٦ وَلا تَدْعُ مِنْ دُونِ اللَّهِ ما لا يَنْفَعُكَ وَلا يَضُرُّكَ وقوله تعالى: ٥: ٧٦ قُلْ أَتَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ ما لا يَمْلِكُ لَكُمْ ضَرًّا وَلا نَفْعاً وَاللَّهُ هُوَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ وقوله تعالى: ٢١: ٦٦، ٦٧ قالَ أَفَتَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ ما لا يَنْفَعُكُمْ شَيْئاً وَلا

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