leurs cœurs et leurs regards, jusqu’à ce qu’ils reviennent à ce que Ma science éternelle avait déjà décrété à leur sujet. Il dit encore : « Cela s’accorde avec cette parole divine : 8 : 24 “Sachez qu’Allah s’interpose entre l’homme et son cœur.” »
D’autres ont expliqué : « Nous retournons leurs cœurs et leurs regards parce qu’ils ont refusé de croire la première fois ; Nous les avons donc châtiés en retournant leurs cœurs et leurs regards. » C’est là un sens pertinent, car la particule de comparaison kâf renferme ici une valeur causale, comme dans : « Fais le bien comme Allah a fait le bien envers toi » (28 : 77) ou : « De même que Nous avons envoyé parmi vous un Messager tiré de vous-mêmes, qui vous récite Nos versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la sagesse et vous apprend ce que vous ne saviez pas ; souvenez-vous donc de Moi, Je Me souviendrai de vous » (2 : 151-152). Ce qui rend légitime l’association de la cause et de la comparaison, c’est l’annonce que la rétribution est de même nature que l’acte, qu’il soit bon ou mauvais.
Le taqlîb (retournement) consiste à faire passer une chose d’une face à une autre. Or, dès lors que le signe était descendu et leur était parvenu, comme ils l’avaient demandé, ils étaient tenus de croire : ils l’avaient vu de leurs propres yeux, reconnu ses preuves et constaté sa véracité. S’ils ne croyaient toujours pas, cela témoignait d’un retournement de leurs cœurs et de leurs regards, détournés de l’orientation qu’ils auraient dû adopter.
Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿAmr, qu’il entendit le Messager d’Allah ﷺ dire : « Les cœurs de tous les fils d’Adam se trouvent entre deux doigts du Tout-Miséricordieux ; Il les retourne comme un seul cœur selon ce qu’Il veut. » Puis le Prophète ﷺ ajouta : « Ô Toi qui fais tourner les cœurs, oriente nos cœurs vers Ton obéissance. »
Al-Tirmidhî rapporte, d’après Anas, que le Messager d’Allah ﷺ invoquait fréquemment : « Ô Toi qui fais tourner les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion. » Je dis : « Ô Messager d’Allah, nous avons cru en toi et en ce que tu as apporté ; crains-tu encore pour nous ? » Il répondit : « Les cœurs se trouvent entre deux doigts d’Allah ; Il les fait tourner comme Il veut. » Al-Tirmidhî dit : « Ce hadith est ḥasan (bon). »
Hammâd rapporte, d’après Ayyûb, Hishâm et Yaʿlâ ibn Ziyâd, d’après al-Ḥasan, que ʿÂʾisha – qu’Allah l’agrée – a dit : « Une invocation que le Messager d’Allah ﷺ prononçait souvent était : “Ô Toi qui fais tourner les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion.” Je lui dis : “Ô Messager d’Allah, voilà une invocation que tu répètes très souvent !” Il répondit : “Il n’est pas de serviteur dont le cœur ne soit entre deux doigts d’Allah ; s’Il veut le maintenir droit, Il le maintient…” »