La grâce se divise en deux catégories : une grâce absolue et une grâce conditionnée. – La grâce absolue est celle qui mène au bonheur éternel : c’est la grâce de l’islam et de la sunna. Dans nos prières, Allah nous a ordonné de Lui demander de nous guider vers la voie de ceux qui en ont bénéficié, de ceux qu’Il a privilégiés et élevés au rang du plus noble compagnon. À ce propos, le Très-Haut dit : « Et quiconque obéit à Allah et au Messager, ceux-là seront avec ceux qu’Allah a comblés de Sa grâce : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux ; quelle excellente compagnie ! » (4 : 69). Ces quatre catégories constituent les gens de cette grâce absolue. Ses bénéficiaires sont également visés par la parole divine : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, accompli sur vous Mon bienfait et agréé l’islam pour vous comme religion. » (5 : 3). Il a ainsi rattaché la religion à eux, car eux seuls, à l’exclusion des autres communautés, sont les dépositaires de cette religion droite.
La religion est tantôt attribuée au serviteur, tantôt au Seigneur : on dit par exemple : « L’islam est la religion d’Allah, qu’Il n’accepte de personne en dehors d’elle. » De là cette invocation : « Ô Allah, soutiens Ta religion que Tu as fait descendre du ciel. »
Le parachèvement (kamâl) a été associé à la religion et l’accomplissement (tamâm) à la grâce, tout en rapportant celle-ci à Lui, car Il en est le Protecteur et le Dispensateur, tandis que les serviteurs ne sont que le réceptacle de cette pure faveur, qu’ils accueillent. C’est pourquoi l’on trouve dans l’invocation transmise pour les musulmans : « Fais-les Te louer pour cette grâce, l’accueillir et la parfaire pour eux. »
S’agissant de la religion, parce qu’ils l’observent et la mettent en œuvre grâce à l’assistance de leur Seigneur, Il la leur a rapportée en disant : « J’ai parachevé pour vous votre religion » ; ainsi, le parachèvement concerne la religion et l’accomplissement concerne la grâce.
Bien que les deux termes – kamâl et tamâm – soient proches et apparentés, une nuance subtile les distingue pour qui y réfléchit. Le kamâl se rapporte plus spécialement aux qualités et aux significations intérieures ; il peut s’appliquer aux personnes et aux choses, mais sous l’angle de leurs attributs et de leurs propriétés. Ainsi le Prophète – paix et salut sur lui – a dit : « Beaucoup d’hommes ont atteint la perfection, et parmi les femmes nul ne l’a atteinte si ce n’est Marie fille de ‘Imrân, Âsiya épouse de Pharaon et Khadîja fille de Khuwaylid. »
Et ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz déclara : « La foi a des limites, des obligations, des pratiques et des prescriptions ; quiconque les mène à leur terme a certes parachevé la foi. »