Sourate al-Mâ’ida
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
[Al-Mâ’ida (5) : 2]
« Ô vous qui croyez, ne profanez ni les rites d’Allah, ni le mois sacré, ni les offrandes, ni les colliers marquant les bêtes consacrées, ni ceux qui se rendent à la Maison sacrée, recherchant la grâce et l’agrément de leur Seigneur. Une fois sortis de l’état de sacralisation, chassez. Que la haine d’un peuple — pour vous avoir empêchés d’accéder à la Mosquée sacrée — ne vous pousse pas à transgresser. Coopérez dans la bonté et la piété ; ne coopérez pas dans le péché et la transgression. Craignez Allah : certes, Allah est sévère dans le châtiment. »
Chacun de ces deux termes, pris isolément, renferme l’autre : tout péché est une transgression, puisqu’il consiste à accomplir ce qu’Allah a interdit ou à délaisser ce qu’Il a prescrit — c’est donc une atteinte à Ses ordres et à Ses interdits. Et toute transgression est un péché, car celui qui la commet s’en rend coupable. Toutefois, lorsqu’ils sont mentionnés ensemble, ils se distinguent selon l’objet qu’ils visent.
Le péché (ithm) vise ce dont l’espèce même est illicite : mensonge, fornication, consommation de vin, et ainsi de suite.
La transgression (ʿudwân) concerne l’excès, le fait de dépasser la limite permise. Elle consiste à outrepasser la part licite pour empiéter sur la part interdite, par exemple en s’attaquant au droit d’autrui : à ses biens, à son intégrité physique ou à son honneur. Ainsi, s’il lui a arraché une simple planche, il n’acceptera de la restituer qu’en échange de sa maison ; s’il a détruit quelque chose, il détruira chez lui plusieurs fois plus ; s’il lui a lancé une parole blessante, il lui en rendra plusieurs. Tout cela relève de la transgression et d’un abandon de l’équité.