les deux groupes, l’un comme l’autre, se voient tous deux promis la plus belle récompense. Aussi le Très-Haut a-t-Il dit : « Et à chacun Allah a promis la plus belle fin » ; autrement dit : le combattant et le sédentaire excusé, du fait qu’ils partagent la même foi.
Ils disent : ce verset prouve la supériorité du riche qui dépense pour la cause d’Allah sur le pauvre. En effet, Allah a fait savoir que celui qui lutte avec ses biens et sa personne est meilleur que le sédentaire, et Il a placé l’effort financier avant l’effort physique. Quant au pauvre, Il a simplement levé toute contrainte à son égard par Sa parole (9 : 92) : « Il n’y a pas de blâme non plus sur ceux qui, lorsqu’ils vinrent à toi pour que tu les montes, tu leur dis : “Je ne trouve pas de monture pour vous.” »
Quel rapport entre la position de celui que le texte déclare supérieur et celle de celui dont on s’est borné à écarter le blâme ?
Tel est donc le jugement relatif au sédentaire excusé et au combattant.
Quant au sédentaire dépourvu d’excuse :
Sourate an-Nisâ’ (4), verset 96
« des degrés venant de Lui, ainsi qu’un pardon et une miséricorde ; et Allah est Pardonneur, Clément. » (96)
S’agissant du mot « degrés », on a dit qu’il est à l’accusatif à titre de substitution de « une énorme récompense » ; d’autres y voient une mise en relief, bien que la forme diffère, car le sens est identique.
Qatâda disait : « L’Islam est un degré ; l’émigration dans l’Islam est un degré ; le combat dans l’émigration est un degré ; mourir au combat est un degré. »
Ibn Zayd a affirmé : « Les degrés par lesquels Allah a favorisé le combattant sur le sédentaire sont au nombre de sept ; ce sont ceux qu’Allah mentionne dans la sourate Le Repentir, lorsqu’Il dit (9 : 120) :
“Cela, parce qu’il ne leur survient ni soif, ni fatigue, ni faim dans le sentier d’Allah ; parce qu’ils ne foulent aucun endroit qui irrite les mécréants, et n’infligent à aucun ennemi un coup sans qu’une bonne action ne leur soit inscrite ; certes, Allah ne laisse pas perdre la récompense des bienfaisants.” — voilà cinq degrés.
Puis Il dit (9 : 121) : “Et ils ne dépensent aucune dépense, petite ou grande, et ils ne traversent aucune vallée, sans que cela ne soit inscrit en leur faveur.” — ce qui en fait deux autres. »