et récitez-la, si vraiment vous êtes véridiques.
Voyez-vous donc dans la Torah qu’Israël se soit interdit ce que la Torah vous a désormais proscrit, ou n’y trouvez-vous mention que de l’interdiction particulière qu’il s’imposa — à savoir, exclusivement, la chair et le lait du chameau ? Or, puisqu’il n’a prohibé que cela, que tout le reste demeurait licite pour lui comme pour ses enfants, tandis que la Torah en a ensuite proscrit quantité d’autres, votre mensonge et votre imposture éclatent au grand jour lorsque vous niez l’abrogation des législations et prétendez limiter Allah — exalté soit-Il — dans Son droit de les abroger.
Médite donc cette construction magistrale, autour de laquelle la plupart des exégètes ont tourné et qu’ils ont exposée. Elle vaut bien mieux que l’argument, souvent avancé par nombre de théologiens spéculatifs, consistant à dire que la Torah a interdit bien des unions, des viandes immolées, des actes et des paroles, et que cela constituerait, en soi, l’abrogation de la permissibilité originelle. Une telle polémique est en vérité fort faible, car ces gens-là ne contestent nullement que l’on puisse lever la permissibilité originelle par une interdiction ou une obligation — c’est le propre de toute loi révélée. Ce qu’ils refusent, c’est qu’Allah interdise ce qu’Il avait rendu licite, le faisant passer dans le domaine de l’illicite, ou qu’Il rende licite ce qu’Il avait auparavant proscrit. Quant à la levée de la permissibilité initiale et au principe de maintien de l’état antérieur, aucune communauté religieuse ne l’a jamais nié.
[sourate Âl ‘Imrân (3) : 116-117]
« Quant à ceux qui ont mécru, ni leurs biens ni leurs enfants ne leur serviront de rien face à Allah ; ils sont les hôtes du Feu où ils demeureront pour l’éternité. (116)
Ce qu’ils dépensent en cette vie d’ici-bas ressemble à un vent glacial chargé de givre qui s’abat sur la récolte d’un peuple qui s’est fait du tort : il la ravage. Allah ne les a pas lésés ; ils ne font que se léser eux-mêmes. (117) »
Il s’agit là d’une parabole qu’Allah — exalté soit-Il — donne pour celui qui dépense sa richesse en dehors de l’obéissance à son Seigneur et de la recherche de Son agrément.
Ainsi, tout ce qu’ils engagent de leurs biens pour la quête d’honneur, de gloire, d’éloges ou d’une bonne renommée, sans rechercher la Face d’Allah, ainsi que ce qu’ils dépensent afin d’écarter les gens du chemin d’Allah et de suivre Ses messagers, Allah le compare à une semence qu’un cultivateur met en terre dans l’espoir d’en tirer profit ; mais un vent d’un froid extrême, dont la morsure brûle tout ce qu’il frappe de semences et de fruits, s’abat sur la culture, la ruine et la dessèche totalement.