elles sont la Mère du Livre. » [3 : 7]
Quant au terme umma, il désigne « un groupe d’êtres partageant la même constitution, la même période ou la même langue ». Allah – exalté soit-Il – dit : « Il n’est point de bête sur la terre ni d’oiseau volant de ses deux ailes qui ne forme des communautés semblables à vous. » [6 : 38]
Le Prophète ﷺ a déclaré : « Si les chiens n’étaient pas une communauté parmi les communautés, j’aurais ordonné qu’on les mette à mort. »
Relève encore de la même racine :
– l’imâm, autour duquel se rassemblent les fidèles qui le prennent pour modèle ;
– le verbe amma ash-shay’a, « se diriger vers quelque chose en y concentrant son intention et son souci » ;
– le verbe ramma ash-shay’a, « réparer une chose et en réunir les parties dispersées ». On dit même que le nom rummân (la grenade) vient du fait que ses grains sont tassés et resserrés les uns contre les autres ;
– le verbe ḍamma ash-shay’a, « rassembler une chose » ;
– le ham de l’homme, ses soucis : volontés et résolutions qui se rassemblent dans son cœur ;
– l’usage du terme aḥm pour « noir », de ḥumma pour « charbon noir », et l’expression « ḥamma ra’sahu » lorsqu’une tête se noircit après avoir été complètement rasée ; le noir, en effet, est une couleur qui capte le regard et l’empêche de se disperser.
C’est pourquoi l’on place souvent sur les yeux d’une personne dont la vue est affaiblie, qu’elle souffre ou non, quelque chose de noir – cheveu ou bandeau – afin que son regard se fixe et que la faculté visuelle se renforce.
Le champ est vaste ; bornons-nous donc à ces quelques exemples.
Ayant compris la portée de la lettre mīm, les Arabes l’ont jointe à la fin du mot Allāhumma, par lequel le serviteur s’adresse à son Seigneur – gloire à Lui – en toute nécessité et en toute circonstance, pour marquer le rassemblement de Ses Noms et Attributs. Ainsi, lorsque le suppliant dit : « Allāhumma, je Te demande… », c’est comme s’il disait : « J’invoque Allah, à qui appartiennent les Noms les plus beaux et les Attributs les plus sublimes, en Me réclamant de Ses Noms et de Ses Attributs. »
Il termine donc ce nom par la mīm, signe du collectif, pour indiquer qu’il sollicite le Très-Haut par l’ensemble de Ses Noms