Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

les consonnes les plus rudes, tandis que, pour exprimer le sens léger, ils ont recouru à la hāʾ aérienne, l’une des lettres les plus ténues.

Ce domaine est trop vaste pour être entièrement circonscrit ; si Allah prolonge ma vie, je lui consacrerai, si Dieu le veut, un ouvrage autonome.

De telles considérations requièrent un esprit subtil et une nature délicate ; elles demeurent inaccessibles aux cœurs endurcis qui se satisfont des prolégomènes de la grammaire et de la morphologie sans les méditer, ni sonder la sagesse du législateur de la langue, ni explorer les secrets, d’une finesse extrême, que recèle cette langue éclatante. Ce chapitre ne fait qu’alerter l’homme de mérite sur ce qui le dépasse. 24 : 40 : « Et celui à qui Allah n’accorde pas de lumière n’aura jamais de lumière. »

Considère encore comment ils qualifient l’homme grossier : ʿutull, jaʿẓarī ou jawwāẓ ; la seule sonorité de ces vocables crie le sens qu’ils portent.

Regarde de même qu’ils appellent l’individu de haute taille ʿashnaq ; observe combien l’agencement des lettres épouse l’idée de longueur. À l’inverse, le court est nommé baḥtar. Dans ʿashnaq, trois voyelles ouvertes se succèdent : la bouche s’ouvre largement, les organes de la parole s’écartent et s’allongent sans se chevaucher ; dans baḥtar, deux ḍammah encadrent un repos : l’effet est exactement contraire.

Réfléchis encore à leurs tournures : ṭāla al-shayʾu, fa-huwa ṭawīl (« la chose s’est allongée, elle est longue ») et kabura, kabīr (« elle s’est agrandie, elle est grande »). Quand la longueur ou la grandeur augmente davantage, ils disent ṭiwāl et kibār, introduisant l’alif, lettre dont la prolongation dépasse celle de la yāʾ dans aṭwal (« plus long »). Si la masse de la chose s’accroît encore et pèse plus lourdement sur les esprits, ils alourdissent le mot même et disent kabbār, en doublant la bāʾ.

Si nous laissions courir la plume, l’exposé deviendrait interminable et rétif à toute borne.

Revenons donc à la question qui a motivé cette digression et disons :

هذه الحروف الشديدة، ووضعوا للمعنى الخفيف: الهواية، التي هي من أخف الحروف. وهذا أكثر من أن يحاط به، وإن مد الله في العمر وضعت فيه كتابا مستقلا إن شاء الله تعالى. ومثل هذه المعاني يستدعي لطافة ذهن، ورقة طبع. ولا تتأتى مع غلظ القلوب، والرضى بأوائل مسائل النحو والتصريف، دون تأملها وتدبرها، والنظر إلى حكمة الواضع، ومطالعة ما في هذه اللغة الباهرة من الأسرار التي تدق عن أكثر العقول. وهذا باب ينبه الفاضل على ما وراءه ٢٤: ٤٠ وَمَنْ لَمْ يَجْعَلِ اللَّهُ لَهُ نُوراً فَما لَهُ مِنْ نُورٍ. وانظر في تسميتهم الغليظة الجافي بالعتلّ والجعظري، والجواظ، كيف تجد هذه الألفاظ تنادي على ما تحتها من المعاني. وانظر إلى تسميتهم الطويل بالعشنّق. وتأمل اقتضاء هذه الحروف ومناسبتها لمعنى الطول، وتسميتهم القصير بالبحتر، وموارتهم بين ثلاث فتحات في اسم الطويل، وهو العشنق، وإتيانهم بضمتين بينهما سكون في البحتر، كيف يقتضي اللفظ الأول: انفتاح الفم، وانفراج آلات النطق، وامتدادها، وعدم ركوب بعضها بعضا، وفي اسم البحتر الأمر بالضد. وتأمل قولهم: طال الشيء، فهو طويل، وكبر كبير. فإن زاد طوله وكبره قالوا: طوالا، وكبارا، فأتوا بالألف التي هي أكثر مدا، وأطول من الياء في الأطول. فإن زاد كبر الشيء، وثقل موقعه من النفوس ثقّلوا اسمه، فقالوا: كبّارا بشد الباء. ولو أطلقنا عنان القلم في ذلك لطال مداه، واستعصى على الضبط. فلنرجع إلى ما جرى الكلام بسببه فنقول:

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