Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

il se singularise, dans la formule de serment, par l’adjonction d’un tâʾ ; par l’introduction de la particule d’appel alors qu’il est précédé de l’article défini ; par la coupure de la hamza de liaison lorsque l’on interpelle ; enfin, par l’obligation d’épaissir sa lâm, même quand aucune consonne emphatique ne la précède. Tel est, en substance, l’avis d’al-Kh alîl et de Sibawayh.

Selon une autre opinion, la mîm serait la compensation d’une proposition entièrement retranchée. Le tour primitif serait : « yā Allâh, aminnâ bikhayr » (Ô Allah, assure-nous la sécurité dans le bien), c’est-à-dire : « tourne-Toi vers nous ». On aurait ensuite supprimé la préposition et son complément, puis l’objet, de sorte qu’il ne resterait plus, dans l’estimation, que : « yā Allâh amm- ». La fréquentation de ce nom dans les invocations aurait fait tomber la hamza, si bien qu’on aboutit à « yā Allâhumma ». Tel est l’avis d’al-Farâʾ.

Le tenant de cette thèse juge donc licite l’emploi de « yā » devant le mot et s’appuie sur ce vers :
« Yā Allâhumma, fais retomber sur nous une pluie abondante, bienfaisante »,
sur le distique cité plus haut et sur d’autres encore.

Les grammairiens basriens ont rejeté cette position pour plusieurs raisons.

  1. Ces reconstructions ne reposent sur aucun indice et ne sont requises par aucune analogie ; sans preuve, on ne saurait donc y recourir.
  2. Le principe est l’absence d’ellipse ; postuler tant d’éléments retranchés contrevient donc à la règle.
  3. Celui qui invoque ce nom peut fort bien appeler le malheur sur lui-même ou sur autrui ; l’interprétation proposée ne conviendrait alors pas.
  4. L’usage classique et soigné montre que les Arabes n’ont pas joint « yā » à « Allâhumma ». Si la forme originelle avait été celle qu’al-Farâʾ avance, cette combinaison aurait été courante et irréprochable, ce qui n’est pas le cas.
  5. Rien n’empêche l’orant de dire : « Allâhumma, aminnâ bikhayr ». Si l’analyse d’al-Farâʾ était fondée, l’association de ces deux termes serait impossible, car elle réunirait la compensation et l’élément compensé.
اختص بالتاء في القسم. وبدخول حرف النداء عليه مع لام التعريف، وبقطع همزة وصله في النداء، وبتفخيم لامه وجوبا غير مسبوقة بحرف إطباق. هذا ملخص مذهب الخليل وسيبويه. وقيل: الميم عوض عن جملة محذوفة. والتقدير: يا الله أمنّا بخير، أي اقصدنا ثم حذف الجار والمجرور، وحذف المفعول. فبقي في التقدير: يا الله أمّ. ثم حذفت الهمزة، لكثرة دوران هذا الاسم في الدعاء على ألسنتهم، فبقي «يا اللهم» وهذا قول الفراء. وصاحب هذا القول يجوّز دخول «يا» عليه. ويحتج بقول الشاعر: يا اللهم ما اردد علينا سحا مسلما وبالبيت المتقدم وغيرهما. ورد البصريون هذا بوجوه. أحدها: أن هذه التقادير لا دليل عليها، ولا يقتضيها القياس، فلا يصار إليها بغير دليل. الثاني: أن الأصل عدم الحذف، فتقدير هذه المحذوفات الكثيرة خلاف الأصل. الثالث: أن الداعي بهذا قد يدعو بالشر على نفسه وعلى غيره. فلا يصح هذا التقدير فيه. الرابع: أن الاستعمال الشائع الفصيح يدل على أن العرب لم تجمع بين «يا» و «اللهم» ولو كان أصله ما ذكره الفراء لم يمتنع الجمع. بل كان استعماله فصيحا شائعا. والأمر بخلافه. الخامس: أنه لا يمتنع أن يقول الداعي: اللهم أمّنا بخير. ولو كان التقدير كما ذكره، لم يجز الجمع بينهما، لما فيه من الجمع بين العوض والمعوض عنه.

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