« inna l-ḥamda wa-n-niʿmata laka » – « En vérité, la louange et la grâce T’appartiennent » – l’emporte sur la lecture en fatḥa.
Les exégètes ont proposé trois explications pour motiver la variante d’al-Kisâʾî.
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Première explication : le témoignage porterait sur les deux propositions à la fois. Il viserait donc l’énoncé « Certes, la religion auprès d’Allah est l’islam », lequel constituerait l’objet du témoignage. Le fatḥa de « anna-hu » dans « anna-hu lâ ilâha illâ huwa » s’expliquerait alors par la suppression implicite de la préposition, c’est-à-dire bi-anna-hu : « par le fait qu’il n’est de divinité digne d’adoration que Lui ». Tel est le point de vue d’al-Farâʾ, mais il est très faible, car le sens réel du verset s’y oppose : l’élément attesté est précisément la déclaration « qu’il n’est de divinité qu’Allah ». C’est donc la particule inna et tout ce qu’elle régit qui fait l’objet du témoignage, et c’est là que se concentre l’intention du verset.
Malgré sa faiblesse, cette interprétation peut toutefois se comprendre ainsi : Allah atteste, par Son affirmation de l’unicité (tawḥîd), que la religion valable auprès de Lui est l’islam, l’islam n’étant autre que Sa pure unicité. Le témoignage embrasserait donc Son tawḥîd aussi bien que la confirmation que Sa religion se limite exclusivement à l’islam.
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Deuxième explication : le témoignage porterait simultanément sur les deux propositions, chacune étant attestée, la conjonction wa étant sous-entendue bien qu’intentionnelle. On sous-entendrait alors : « … et que la religion auprès de Lui est l’islam ». Il s’agit d’une phrase qui se passe de la particule de coordination parce que le terme coordonné est déjà évoqué dans la proposition, comme en 18 : 22 : « Ils diront : “Trois, leur quatrième est leur chien”, et ils diront : “Cinq, leur sixième est leur chien”. » Dans un tel contexte, la présence ou l’absence de wa est également recevable ; elle est omise ici alors qu’elle figure un peu plus loin dans le même verset : 18 : 22 « Ils diront : “Sept, et leur huitième est leur chien”. »
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Troisième explication – l’opinion des grammairiens basriens – : considérer la seconde inna comme un badal (substitut) de la première. Le verset se lirait ainsi : « Allah a attesté que la religion auprès de Lui est l’islam », tandis que la proposition « qu’il n’est de divinité qu’Allah » n’interviendrait que comme préambule et préparation à cette seconde inna. Il s’agit ici d’un badal dont le second membre est l’identique absolu du premier : la religion qui, auprès d’Allah, se confond avec l’islam est précisément l’attestation qu’il n’est de divinité qu’Allah et l’engagement de s’acquitter des droits qui en découlent. Tu peux, dans cette même logique, le ranger parmi les cas de badal