les prenant pour témoins de la vérité la plus sublime, et Il les a érigés en preuve contre quiconque récuse ce témoignage, tout comme on produit des témoins contre celui qui renie le droit. La preuve a ainsi été établie par les Messagers à l’encontre des créatures, et ces savants sont les délégués des Messagers et leurs successeurs lorsqu’il s’agit de dresser les arguments d’Allah face aux serviteurs.
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On a expliqué le témoignage des détenteurs du savoir tantôt comme une pure attestation, tantôt comme une clarification et une mise en évidence. L’interprétation juste est qu’il réunit les deux dimensions : leur témoignage est à la fois reconnaissance, manifestation et transmission. Ils seront, au Jour de la Résurrection, les témoins d’Allah contre les hommes. Le Très-Haut dit (2 : 142) : « Ainsi avons-Nous fait de vous une communauté de juste milieu, afin que vous soyez témoins contre les gens, et que le Messager soit témoin contre vous. » Et Il dit (22 : 78) : « C’est Lui qui vous a appelés “musulmans”, jadis comme aujourd’hui, afin que le Messager soit témoin contre vous et que vous soyez témoins contre les hommes. » Il a donc annoncé qu’Il les avait établis justes et d’élite, et Il a célébré leur mention avant même de les faire exister, sachant d’avance qu’Il les prendrait pour témoins appelés à déposer contre les nations au Jour dernier. Quiconque ne se lève pas pour ce témoignage par la science, la pratique, la connaissance, l’attestation, l’appel, l’enseignement et l’orientation ne fait pas partie des témoins d’Allah. Et c’est d’Allah que vient le secours.
[Coran, 3 : 19]
« Certes, la religion auprès d’Allah est l’islam. Ceux à qui le Livre fut donné ne divergèrent qu’après que la science leur fut venue, par esprit de rivalité entre eux. Quiconque rejette les signes d’Allah trouvera qu’Allah est prompt à régler les comptes. » (19)
Les exégètes ont divergé : s’agit-il d’une phrase indépendante, ou entre-t-elle dans le contenu même de cette attestation, formant ainsi une part de ce qui est attesté ? Cette divergence se rattache aux deux lectures, l’une prononçant « inna » avec kasra, l’autre avec fatha. La plupart retiennent la kasra, y voyant un nouvel énoncé ; la fatha n’est rapportée que d’al-Kisâʾî. L’avis fondé est celui de la kasra, car la phrase précédente est close ; la suivante vient dès lors confirmer et renforcer son sens, ce qui produit un accent plus fort et sert mieux l’éloge. C’est pour cette raison que la kasra dans (52 : 28) — « Nous L’invoquions jadis ; assurément, c’est Lui le Bienfaiteur, le Très-Miséricordieux » — vaut mieux que la fatha, de même que la kasra est préférable dans la formule de la talbiya : « Labbayka… »