La deuxième sagesse tient au fait que, dans ce passage, Allah mentionne les détenteurs du savoir et fait dépendre de leur personne cette attestation : cela indique que ce témoignage est une conséquence directe de la vraie science et en découle nécessairement ; quiconque possède la science authentique en vient fatalement à porter ce témoignage. De même, dit-on : lorsqu’apparaît la nouvelle lune et qu’elle se distingue clairement, tous ceux qui ont la vue perçoivent son éclat ; lorsqu’un parfum puissant se répand, tous ceux qui ont l’odorat en sentent l’odeur. Le Très-Haut dit (79 : 36) : « Et la Géhenne sera exposée à celui qui voit » ; quiconque dispose de la vue la verra alors à l’évidence.
Il s’ensuit que celui à qui Allah n’a pas accordé de porter ce témoignage compte parmi les plus ignorants, même s’il maîtrise dans les affaires d’ici-bas ce que d’autres ignorent ; il relève des gens de l’ignorance et non de la science. Nous avons déjà montré que nul n’assume convenablement cette attestation, si ce n’est les disciples des messagers, les partisans de l’affirmation. Eux seuls sont les véritables savants ; tous les autres appartiennent aux gens de l’ignorance, fussent-ils prolixes dans leurs discours et infatigables dans leurs polémiques.
Parmi les bienfaits de ce verset figure encore le témoignage qu’Allah — exalté soit-Il — rend en faveur de ces témoins : Il atteste qu’ils sont les détenteurs du savoir. Son témoignage est plus juste et plus véridique que celui que les Jahmiyya, les négateurs (muʿaṭṭila) ou les « pharaoniens » portent contre eux lorsqu’ils les traitent d’ignorants, de « hashwiyya », d’anthropomorphistes, de corporalistes, de parvenus (nawâbit) ou de nâsibites.
Il leur suffit donc de recevoir l’attestation du plus véridique des véridiques qu’ils comptent parmi les détenteurs du savoir : ils ont reconnu pour Allah la réalité même de ce qu’Il s’est reconnu à Lui-même, sans déformation ni négation ; ils ont affirmé la véracité de ce témoignage dans tout ce qu’il comporte, alors que leurs adversaires en ont nié les réalités et n’en ont gardé que les mots et les lectures figurées.
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Cette attestation divine implique également un éloge et une justification des savants qui la portent : en effet, le Très-Haut a associé leur témoignage au Sien propre et à celui de Ses anges, les prenant pour témoins