Si tu dis : « J’ai compris l’argument qui s’appuie sur Ses paroles et celui qui s’appuie sur Ses créatures ; explique-moi donc comment l’on raisonne à partir de Ses noms et de Ses attributs, car cela ne fait pas partie de nos modes habituels d’expression ni de nos écrits. »
Je réponds : oui, par la vie d’Allah, c’est bien comme tu l’as dit, et cette voie est plus noble et plus élevée encore ; car le Seigneur, exalté soit-Il, est Celui sur qui l’on conclut, tandis que Ses signes sont la preuve et la démonstration.
Sache donc qu’en vérité Allah – glorifié soit-Il – se fait connaître Lui-même par Ses signes ; en réalité, Il est la preuve pour Ses serviteurs au moyen des indications et des signes qu’Il a placés à leur intention. Il a implanté dans les natures primordiales (fitra) qui n’ont pas été corrompues par le suivisme aveugle, la négation des attributs (taʿṭîl) ou le déni obstiné (juhûd), la conviction qu’Il est parfait dans Ses noms et Ses attributs, qu’Il possède toute perfection et qu’Il est sanctifié de tout défaut et de toute imperfection.
Toute la perfection, la majesté, la splendeur, la puissance, la grandeur et le souverain orgueil Lui appartiennent intrinsèquement ; il est impossible qu’ils appartiennent à un autre. La vie tout entière est à Lui, le savoir tout entier est à Lui, la puissance tout entière est à Lui, de même que l’ouïe, la vue, la volonté, le vouloir délibéré, la miséricorde, la richesse absolue, la générosité, la bienfaisance et la bonté : tout cela Lui est propre et relève de Sa seule essence. Ce qui reste caché aux créatures de Sa perfection est infiniment plus considérable que ce qu’elles en connaissent ; à vrai dire, ce qu’elles perçoivent n’a aucune commune mesure avec ce qu’elles ignorent.
Parmi sa perfection sanctifiée figure le fait qu’Il embrasse toute chose de Sa science et qu’Il en est Témoin : aucun détail, pas même une particule, qu’elle soit cachée ou apparente, ne Lui échappe. Or, lorsqu’il en est ainsi, comment les serviteurs peuvent-ils Lui associer quelqu’un, adorer avec Lui un autre que Lui, ou Lui assigner une divinité concurrente ?
Et comment Sa perfection pourrait-elle convenir avec le fait qu’Il laisse subsister quelqu’un qui profère contre Lui le plus grand des mensonges, rapporte à Son sujet ce qui contredit la réalité, puis qu’Il lui donne victoire et soutien, qu’Il élève sa parole, rehausse son rang, exauce ses invocations, anéantisse son ennemi et fasse apparaître par ses mains des signes et des preuves que les forces humaines sont incapables de produire, alors même qu’il ment sur Lui, Lui impute des inventions et sème la corruption sur la terre ?
Or il est certain que Son témoignage – exalté soit-Il – couvre toute chose, et que Sa puissance s’exerce sur toute chose,