– porteurs de preuves évidentes et du signe même que vous réclamez.
Allah – Très-Haut – dit encore : « Et s’ils te traitent de menteur, ceux d’avant eux avaient déjà traité leurs messagers de menteurs : leurs messagers leur vinrent avec des preuves manifestes, des Écritures et le Livre lumineux. » (sourate 35, verset 25)
Il est même des signes des envoyés qu’on compte parmi les plus méconnus : ainsi des signes de Hûd. Son peuple alla jusqu’à lui dire : « Ô Hûd, tu ne nous as rien apporté de probant ! » Or sa preuve figure parmi les plus claires. Il y fait allusion lorsqu’il déclare (sourate 11, versets 54-56) : « Je prends Allah à témoin – et soyez-en témoins, vous aussi – que je me désaveux de ce que vous associez à Lui en dehors de Lui. Ourdissez donc tous vos complots contre moi sans me laisser le moindre répit. Je m’en remets à Allah, mon Seigneur et le vôtre ; aucune créature n’existe sans qu’Il tienne son toupet entre Ses mains. Mon Seigneur est, certes, sur une voie droite. »
Voilà l’un des plus grands signes : qu’un seul homme s’adresse ainsi à une nation entière, sans crainte ni panique, sans la moindre faiblesse, mais avec une parfaite assurance quant à la véracité de ses propos. Il commence par prendre Allah à témoin de son désaveu de leur religion, témoignage dont il est certain et qu’il assume pleinement, montrant ainsi à son peuple que le Très-Haut est son Protecteur et son Soutien, et qu’Il ne les laissera pas avoir prise sur lui. Puis il les prend eux-mêmes à témoin, leur signifiant ouvertement qu’il se dissocie de leur culte et de leurs idoles – celles-là mêmes pour lesquelles ils contractent des alliances, déclarent des inimitiés et sacrifient sang et biens. Il renforce enfin ses propos en les tournant en dérision, en les méprisant et en les rabaissant : qu’ils s’unissent donc tous pour le piéger, étancher leur rancœur et l’attaquer sans délai ; ils sont trop faibles, trop impuissants et trop insignifiants pour y parvenir ; s’ils s’y essayaient, ils n’en retireraient que rage comprimée, humiliation et défaite.
Il expose ensuite son appel de la façon la plus limpide, affirmant que son Seigneur – exalté soit-Il – et le leur, Celui qui tient leurs destins entre Ses mains, est son Allié et son Mandataire, Celui qui le soutient et le fortifie, et qu’Il se trouve sur une voie droite. Quiconque place sa confiance en Lui et croit en Lui ne sera jamais abandonné ; Ses ennemis ne se réjouiront pas de son malheur et Allah ne se rangera pas à leurs côtés contre lui : la voie droite qu’Il suit dans Ses paroles comme dans Ses actes l’exclut catégoriquement.
Ce discours sous-entend encore qu’il relève de cette voie droite de châtier quiconque s’en écarte et agit contre elle, faisant s’abattre sur lui Sa rigueur. En effet, la voie droite incarne la justice même sur laquelle se tient le Seigneur – exalté soit-Il – ; elle implique, entre autres, qu’Il punisse les polythéistes et les criminels et qu’Il accorde la victoire