Quant aux philosophes, ce sont ceux qui rejettent le plus catégoriquement cette attestation et en nient le contenu de la première à la dernière lettre.
Les divers courants de l’ittihâd (fusion panthéiste) en sont, sous tous les aspects, la créature la plus éloignée.
La secte des Jahmites, pour sa part, en conteste la réalité de plusieurs manières :
– Premièrement, la divinité est celle que les cœurs adorent, qu’ils chérissent, qu’ils désirent et vers qui ils reviennent repentants. Or, selon eux, Dieu n’aime pas et n’est pas aimé ;
– Deuxièmement, cette attestation constitue Sa parole et Son témoignage au sujet de ce qu’Il atteste. Mais, d’après eux, Il ne parle pas, ne s’exprime pas, ne témoigne pas et n’informe pas ;
– Troisièmement, elle implique qu’Il est distinct de Sa création par Son essence et par Ses attributs. Cependant, leur faction « pharaonique » soutient qu’Il n’est ni séparé de la création ni situé hors d’elle : au-dessus du Trône, il n’y aurait, disent-ils, ni Dieu à adorer, ni Seigneur devant qui l’on prie et se prosterne. Quant à leurs « hulûlites », ils affirment qu’Il se trouve, par Son essence, dans tout lieu, y compris ceux dont la simple mention fait rougir de honte. Tels sont les Jahmites, et voilà ceux qui nient la transcendance divine ;
– Quatrièmement, l’attestation comporte qu’Il se tient dans l’équité, tant dans Ses actes que dans Ses paroles. Eux prétendent qu’aucun acte ne subsiste en Lui ; dans le champ de ce qu’Il peut produire, rien ne pourrait être qualifié d’injustice ni d’équité. À leurs yeux, l’injustice n’est qu’une chose intrinsèquement impossible, tandis que l’équité relève du possible. Ils ne Le déclarent donc transcendant – selon leur prétention – que par rapport à l’impossible, lequel échappe de toute façon à Sa puissance ;
– Cinquièmement, la puissance invincible (al-ʿizza) renvoie à la force et à la capacité, alors qu’ils n’admettent en Dieu aucun attribut ;
– Sixièmement, la sagesse est la finalité pour laquelle Il agit : c’est l’objectif même de l’action, dont l’existence est préférable à l’inexistence. Ils considèrent cela impossible à Son sujet : Il n’agirait, n’ordonnerait ni ne prohiberait en vue d’aucune sagesse ni d’aucun but, et il n’y aurait rien d’autre que la pure volonté, dépourvue de sagesse et de motivation ;
– Septièmement, la véritable divinité est Celle qui possède les plus beaux Noms et les attributs les plus élevés, et Il