Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Si l’on objecte : « Puisqu’il s’agit d’un ḥāl se rapportant au pronom “Lui” (huwa), pourquoi ne l’a-t-on pas directement joint à ce pronom ? Et pour quelle raison a-t-on séparé le porteur de l’état et l’état lui-même par un terme coordonné, intercalé entre les deux ? »

Je réponds : l’utilité de cette construction est manifeste. S’il avait été dit : « Allah atteste qu’il n’est de divinité que Lui, se tenant dans l’équité, et les anges ainsi que les détenteurs du savoir… », on aurait compris que « les anges et les détenteurs du savoir » sont coordonnés au pronom latent dans « se tenant dans l’équité » ; cette coordination serait grammaticalement acceptable grâce à la pause, mais tel n’est absolument pas le sens voulu. Le sens recherché est à l’inverse : le fait de « se tenir dans l’équité » est un attribut qui Lui est propre, au même titre que Sa divinité. Il est, Lui seul, la divinité adorée, digne d’adoration ; et Lui seul rétribue, récompense et châtie avec justice.

À propos de l’énoncé : « Il n’est de divinité que Lui », Muḥammad ibn Jarīr al-Ṭabarī (1) a déclaré : la première occurrence est une description et une affirmation de l’unicité, la seconde une formulation normative et pédagogique, c’est-à-dire : « Dites : il n’est de divinité que Lui. »

Le sens en est que la première mention inclut le fait qu’Allah – exalté soit-Il – en a Lui-même témoigné et informé. Quant au récitant du Coran, il ne fait que rapporter le témoignage d’Allah, non le sien propre ; il n’y a donc pas, de sa part, de témoignage personnel. Allah a donc répété la formule à l’état isolé pour que le récitant la proclame, devenant ainsi, lui aussi, témoin de cette vérité.

De plus, la première occurrence relate le témoignage en faveur de l’unicité, tandis que la seconde énonce l’unicité elle-même. Et le verset se conclut par : « le Tout-Puissant, le Sage », si bien qu’il réunit Son unicité et Sa justice, ainsi que Sa puissance et Sa sagesse.

(1) L’imam Abou Dja‘far Muhammad ibn Djarir al-Tabari, auteur du célèbre Tafsir et de la Chronique (Tarikh), composa de nombreux ouvrages. Il étudia auprès d’Ishaq ibn Israïl, Muhammad ibn Humayd al-Razi et leurs contemporains, et fut un moujtahid n’imitant aucun maître, comme le rapporte al-‘Ibar. L’imam des imams Ibn Khuzayma déclara : « Je ne connais sur terre personne de plus savant que Muhammad ibn Djarir. » Le juriste Abou Hamid al-Isfarayini ajouta : « Si quelqu’un parcourait la route jusqu’en Chine pour acquérir le Tafsir d’Ibn Djarir, ce ne serait pas excessif. » Ibn Taymiyya loua lui aussi ce commentaire coranique de façon élogieuse. Né à Amul, au Tabaristan, en 224 H / 839 EC, il mourut en 310 H / 923 EC, deux jours avant la fin de chawwal. (Voir Shadharât al-Dhahab).
فإن قيل: فإذا كان حالا من «هو» فهلا اقترن به؟ ولم فصل بين صاحب الحال وبينها بالمعطوف، فجاء متوسطا بين صاحب الحال وبينها؟. قلت: فائدته ظاهرة. فإنه لو قال: شهد الله أنه لا إله إلا هو قائما بالقسط والملائكة وأولو العلم- أو هم عطف الملائكة وأولي العلم على الضمير في قوله «قائما بالقسط» ويحسن العطف لأجل الفصل. وليس المعنى على ذلك قطعا. وإنما المعنى على خلافه. وهو أن قيامه بالقسط مختص به كما أنه مختص بالإلهية. فهو وحده الإله المعبود المستحق للعبادة. وهو وحده المجازي المثيب المعاقب بالعدل. قوله: «لا إله إلا هو» ذكر محمد بن جرير الطبري «١» أنه قال: الأولى وصف وتوحيد. والثانية: رسم وتعليم، أي قولوا: لا إله إلا هو. ومعنى هذا: أن الأولى تضمنت أن الله سبحانه شهد بها وأخبر بها. والتالي للقرآن إنما يخبر عن شهادة الله، لا عن شهادته هو. وليس في ذلك شهادة من التالي نفسه، فأعاد سبحانه ذكرها مجردة ليقولها التالي. فيكون شاهدا هو بها أيضا. وأيضا: فالأولى خبر عن الشهادة بالتوحيد. والثانية خبر عن نفس التوحيد وختم بقوله: «الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ» فتضمنت الآية توحيده وعدله، وعزته وحكمته.
(١) هو الإمام أبو جعفر محمد بن جرير الطبري صاحب التفسير والتاريخ والمصنفات الكثيرة، سمع إسحاق بن إسرائيل ومحمد بن حميد الرازي وطبقتهما، وكان مجتهدا لا يقلد أحدا، قاله في العبر قال إمام ائمة ابن خزيمة: ما اعلم على الأرض أعلم من محمد بن جرير. قال أبو حامد الإسفرائني الفقيه: لو سافر رجل إلى الصين حتى يحص تفسير محمد بن جرير لم يكن كثيرا، وكذلك أثنى ابن تيمية على تفسيره للغاية. ولد بآمل طبرستان سنة أربع وعشرين ومائتين وتوفي سنة عشر وثلاثمائة ليومين بقيا من شوال. (انظر شذرات الذهب) .

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