Si l’on objecte : « Puisqu’il s’agit d’un ḥāl se rapportant au pronom “Lui” (huwa), pourquoi ne l’a-t-on pas directement joint à ce pronom ? Et pour quelle raison a-t-on séparé le porteur de l’état et l’état lui-même par un terme coordonné, intercalé entre les deux ? »
Je réponds : l’utilité de cette construction est manifeste. S’il avait été dit : « Allah atteste qu’il n’est de divinité que Lui, se tenant dans l’équité, et les anges ainsi que les détenteurs du savoir… », on aurait compris que « les anges et les détenteurs du savoir » sont coordonnés au pronom latent dans « se tenant dans l’équité » ; cette coordination serait grammaticalement acceptable grâce à la pause, mais tel n’est absolument pas le sens voulu. Le sens recherché est à l’inverse : le fait de « se tenir dans l’équité » est un attribut qui Lui est propre, au même titre que Sa divinité. Il est, Lui seul, la divinité adorée, digne d’adoration ; et Lui seul rétribue, récompense et châtie avec justice.
À propos de l’énoncé : « Il n’est de divinité que Lui », Muḥammad ibn Jarīr al-Ṭabarī (1) a déclaré : la première occurrence est une description et une affirmation de l’unicité, la seconde une formulation normative et pédagogique, c’est-à-dire : « Dites : il n’est de divinité que Lui. »
Le sens en est que la première mention inclut le fait qu’Allah – exalté soit-Il – en a Lui-même témoigné et informé. Quant au récitant du Coran, il ne fait que rapporter le témoignage d’Allah, non le sien propre ; il n’y a donc pas, de sa part, de témoignage personnel. Allah a donc répété la formule à l’état isolé pour que le récitant la proclame, devenant ainsi, lui aussi, témoin de cette vérité.
De plus, la première occurrence relate le témoignage en faveur de l’unicité, tandis que la seconde énonce l’unicité elle-même. Et le verset se conclut par : « le Tout-Puissant, le Sage », si bien qu’il réunit Son unicité et Sa justice, ainsi que Sa puissance et Sa sagesse.