« Ô vous qui croyez ! Soyez des gens constamment équitables, témoins pour Allah, fût-ce contre vous-mêmes. » (4 : 135)
Le témoignage qu’une personne porte contre elle-même n’est autre que l’aveu qu’elle formule à son propre sujet.
Dans le hadith authentique concernant l’affaire de Mâʿiz, il est rapporté : « Lorsque, pour la quatrième fois, il se fut accusé lui-même, le Messager d’Allah ﷺ ordonna qu’il fût lapidé. »
Le Très-Haut dit encore : « Ils dirent : “Nous témoignons contre nous-mêmes”, mais la vie présente les a trompés ; ils se portèrent donc eux-mêmes témoins qu’ils avaient bel et bien mécru. » (7 : 37)
Ces textes, et bien d’autres encore, prouvent que, pour qu’un témoignage soit recevable devant le juge ou devant toute autre autorité, il n’est pas indispensable que le témoin prononce la formule explicite du témoignage ; tel est l’avis de Mâlik et des savants de Médine, et c’est ce qui ressort également des propos d’Ahmad. Nul Compagnon ni aucun Tâbiʿî n’a, à notre connaissance, exigé cette condition.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Des hommes dignes de confiance — et le plus digne d’entre eux à mes yeux est ʿUmar — ont témoigné devant moi que le Messager d’Allah ﷺ a interdit de prier après la prière de l’aube jusqu’au lever du soleil, et après la prière de l’après-midi jusqu’au coucher du soleil. »
Il est évident qu’ils n’ont pas employé la formule « j’atteste ». De même, lorsque le Messager d’Allah ﷺ attesta que dix Compagnons entreraient au Paradis, il ne formula pas son témoignage en ces termes ; il se contenta de dire : « Abû Bakr au Paradis, ʿUmar au Paradis, ʿUthmân au Paradis, ʿAlî au Paradis… » — ainsi que le rapporte le hadith.
Les musulmans sont par ailleurs unanimes : quiconque, étant mécréant, déclare « lâ ilâha illâ-Llâh, Muhammad Rasûl Allâh », entre aussitôt en islam et a prononcé le témoignage véridique ; son islam n’est pas subordonné à l’emploi du mot « témoignage ». Cela entre dans la parole du Prophète ﷺ : « … jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a de divinité qu’Allah », et, dans une autre version : « … jusqu’à ce qu’ils disent : il n’y a de divinité qu’Allah. » (1)
Il apparaît donc que le simple fait de dire « lâ ilâha illâ-Llâh » constitue à lui seul un témoignage ; les preuves tirées du Coran et de la sunna en ce sens sont trop nombreuses pour être toutes énumérées. Ceux qui exigent la prononciation explicite de la formule « je témoigne » n’ont, en réalité, aucun argument valable. Allah sait mieux.
Quant au degré de l’information et de la communication, il se subdivise en deux : informer par la parole et informer par l’action.