l’instant où il pourra la remettre en secret ; telle était la pratique des Compagnons.
[Al-Baqara, 2 : 271]
« Si vous rendez vos aumônes manifestes, quel excellent acte ! Mais si vous les cachez et les remettez aux pauvres, c’est meilleur encore pour vous ; Il effacera alors une part de vos fautes. Allah connaît parfaitement ce que vous faites. »
Il indique ainsi que la remettre au nécessiteux à l’abri des regards est préférable pour le donateur que de l’exhiber publiquement.
Médite la précision avec laquelle Allah – exalté soit-Il – a limité cette discrétion au seul don consenti aux pauvres ; Il n’a pas dit d’une manière absolue : « Et si vous la cachez, cela est meilleur pour vous. » Car il est des aumônes qu’il ne convient pas de tenir secrètes : l’équipement d’une armée, la construction d’un pont, l’aménagement d’un canal, etc. En revanche, lorsque le don est destiné aux pauvres, le fait de le dissimuler comporte de nombreux avantages : il sauvegarde la dignité du nécessiteux, l’épargne d’une humiliation publique, lui évite d’être placé dans une situation gênante, et empêche que l’on voie en lui la « main inférieure » dépourvue de tout, ce qui détournerait les gens de commercer ou d’échanger avec lui. À ce bienfait supplémentaire, qui s’ajoute au simple acte d’aumône, s’unissent la sincérité, l’absence d’ostentation et le détachement des louanges humaines. Ainsi, la charité secrète envers le pauvre est meilleure que celle accomplie au grand jour.
C’est pourquoi le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a fait l’éloge de l’aumône discrète, a loué celui qui la pratique et a annoncé qu’il fait partie des sept personnes placées à l’ombre du Trône du Tout Miséricordieux, le Jour de la Résurrection. Voilà la raison pour laquelle Allah l’a déclarée meilleure pour le donateur et a précisé qu’Il efface, par cette dépense, une part de ses péchés. Rien de vos actes ni de vos intentions ne Lui échappe, car Il est parfaitement Informé de ce que vous faites.
Il précise ensuite que l’utilité de cette dépense ne profite qu’à eux-mêmes : elle leur reviendra au moment où ils en auront le plus besoin. Comment donc l’un d’entre vous pourrait-il se montrer avare envers sa propre personne d’un bien dont l’avantage lui est exclusivement réservé et qui lui sera restitué ? Quant aux croyants, ils ne dépensent que pour la Face d’Allah, avec une intention pure, car leurs dépenses procèdent de leur foi ; celles-ci leur seront rendues intactes, dans leur totalité : pas même le poids d’un atome ne leur sera lésé.
Le passage s’ouvre par l’affirmation qu’Allah est le Guide, Celui qui accorde la réussite à qui traite avec Lui et recherche Son agrément, et qu’il n’incombe pas à Son Messager de procurer la guidance : sa charge est uniquement de transmettre. C’est Allah – exalté soit-Il – qui accorde à qui Il veut la réussite menant à Sa satisfaction.
Il mentionne ensuite la catégorie à laquelle l’aumône doit être destinée :
[Al-Baqara, 2 : 273]
« Aux pauvres qui se trouvent entravés sur la voie d’Allah, incapables de parcourir la terre pour subsister ; l’ignorant les croirait riches tant ils s’abstiennent de demander. Tu les reconnais à leur apparence : ils ne sollicitent pas les gens avec insistance. Tout bien que vous dépensez, Allah en a pleine connaissance. »