Réfléchis également à la manière dont cette sourate – le sommet du Coran – se conclut par les dispositions relatives aux biens, par la classification des gens fortunés et l’exposé de leurs états. Observe comment Il les a répartis en trois catégories : la première est celle des bienfaisants, c’est-à-dire les donateurs d’aumône. Il a mentionné leur rétribution, sa multiplication et le capital qu’ils retrouvent pour avoir « prêté » leurs richesses au Détenteur de toute suffisance, le Fidèle par excellence – gloire à Lui. Puis Il les a mis en garde contre ce qui annule la récompense de leurs aumônes et les réduit en cendres après leur élevation et leur perfection : les rappels blessants et les vexations ; Il les a aussi avertis de ce qui, dès l’origine, empêche l’aumône de porter ses fruits : l’ostentation.
Ensuite Il leur a ordonné de se rapprocher de Lui par ce qu’ils possèdent de meilleur, et de ne pas aller choisir ce qu’ils ont de plus vil et de plus médiocre. Il les a encore mis en garde contre l’appel de l’avarice et de la grossièreté, et leur a fait savoir qu’il leur convient bien mieux de répondre à Son appel à Lui et de se fier à Sa promesse. Il a annoncé que cela relève de la sagesse qu’Il accorde à qui Il veut parmi Ses serviteurs, et que celui à qui elle est donnée a reçu un bien immense : il a obtenu ce qui est meilleur et plus excellent que l’ensemble de ce bas-monde, car Lui – exalté soit-Il – a qualifié la vie d’ici-bas de « peu de chose » en disant : « Dis : le bien de ce monde n’est que peu de chose », et Il a dit : « Quiconque se voit accorder la sagesse se voit accorder un bien abondant. » Il en résulte que ce qu’Allah octroie à Son serviteur de Sa sagesse vaut mieux pour lui que ce monde et tout ce qu’il contient ; toutefois, tout le monde ne le comprend pas : seuls le comprennent ceux qui possèdent un esprit pénétrant et une raison purifiée : « Et seuls se le rappellent les gens doués d’intelligence. »
Il a ensuite informé Ses serviteurs que toute dépense qu’ils effectuent, ou tout vœu par lequel ils cherchent à se rapprocher de Lui, Il en a connaissance ; rien n’est perdu auprès de Lui. Il sait ce qui, parmi ces actes, est accompli pour Sa Face et assume personnellement – glorifié soit-Il – la récompense qui en découle. Quant à celui qui agit pour un autre que Lui, Il remet sa rétribution à l’entité pour laquelle il a œuvré ; cet homme s’est fait du tort à lui-même et il n’aura personne pour le secourir.
Puis, – exalté soit-Il – Il a décrit l’état de ceux qui donnent l’aumône pour Sa Face ; Il les rétribue qu’ils la rendent publique ou qu’ils la gardent cachée, pourvu qu’elle Lui soit vouée exclusivement. Il a dit : « Si vous rendez manifestes vos aumônes, quel bel acte c’est ! », c’est-à-dire : quelle excellente action ! Voilà un éloge adressé à l’aumône rendue apparente et visible, afin que celui qui la donne au grand jour n’imagine pas que son effet et sa récompense s’en trouvent annulés ; cela pourrait le retenir de la distribuer, l’amener à attendre de pouvoir l’accomplir en secret, et l’occasion se perdrait ; ou bien des obstacles surviendraient et se dresseraient entre son cœur et l’acte, ou entre lui et la distribution de son aumône. Il ne doit donc pas repousser son aumône publique, une fois l’heure venue, jusqu’à