un tentateur qui lui souffle : « Si tu t’en dessaisis, le besoin te rappellera cet argent et, privé de lui, tu tomberas dans la gêne ; mieux vaut le garder pour ne pas finir comme le nécessiteux. Ta richesse vaut mieux, pour toi, que la sienne pour lui. » Après lui avoir ainsi dressé ce tableau, il lui commande la turpitude, à savoir l’avarice, qui compte parmi les pires des turpitudes. Les exégètes sont unanimes : ici, le mot « turpitude » désigne l’avarice. Voilà donc sa promesse, voilà son ordre ; mais sa promesse est mensonge, et son ordre, fourberie et perversité. Quiconque répond à son appel est trompé, dupé, berné ; il attire sa proie par sa ruse avant de la mener aux pires déchéances, comme l’a dit le poète :
« Il les a leurrés par sa ruse, puis les a précipités…
Le scélérat est, pour qui le suit, un trompeur. »
Lorsqu’il lui promet la pauvreté, ce n’est ni par compassion ni par conseil sincère – comme un homme le ferait pour son frère – ni par désir de le voir demeurer riche ; il se moque bien de sa pauvreté ou de son aisance. S’il lui promet la pénurie et lui ordonne l’avarice, c’est afin qu’il nourrisse de mauvais soupçons envers son Seigneur et qu’il délaisse la dépense qu’Il aime pour Sa Face ; il s’attirera alors la privation.
Allah, au contraire, promet à Son serviteur Son pardon pour ses péchés et Sa faveur, en lui rendant, dans cette vie ou dans cette vie et dans l’au-delà, bien davantage que ce qu’il aura déboursé, et en multiples exemplaires.
Telle est la promesse d’Allah, telle est la promesse de Satan. Que l’avare comme le généreux se demandent donc laquelle des deux est la plus digne de confiance, vers laquelle leur cœur s’apaise et leur âme se tranquillise. Allah accorde la réussite à qui Il veut et Il abandonne qui Il veut ; Il est le Vaste, l’Omniscient.
Considère encore la façon dont le verset se conclut par ces deux Noms : « Allah est Vaste, Omniscient ». Il est Vaste dans Ses dons, Omniscient quant à celui qui mérite Sa grâce et à celui qui mérite Sa justice ; Il accorde à celui-ci par faveur, Il prive celui-là par équité. Il est, en vérité, Omniscient de toute chose.
Médite donc ces versets et ne trouve pas leur commentaire trop long, car ils recèlent un sens que seuls comprennent ceux qui saisissent le discours d’Allah et pénètrent Son intention : « Ces paraboles, Nous les proposons aux hommes ; or nul ne les comprend, si ce n’est les savants. » (29 : 43)