« Aghmiḍ », c’est-à-dire : ne sois pas trop pointilleux, fais comme si tu ne voyais pas. Le terme provient du geste de fermer la paupière : celui qui, par aversion, ne veut pas regarder une chose, ne la fixe pas du regard ; il baisse plutôt les yeux, n’en remplissant pas sa vue. De là ces vers du poète :
« Jamais un peuple ne nous a privés du talion ;
mais, face à l’oppression, il est des hommes
qui se contentent de fermer les yeux. »
Cette expression comporte deux sens :
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Comment osez-vous offrir à Allah et Lui destiner ce que vous ne consentiriez pas qu’on vous offre, ce qu’aucun de vous n’accepterait de la part de son compagnon ? Or Allah est plus digne que l’on choisisse pour Lui ce qu’il y a de meilleur et de plus précieux.
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Comment Lui réservez-vous ce que vous détestez pour vous-mêmes, alors qu’Il est, exalté soit-Il, le Pur, et qu’Il n’agrée que ce qui est pur ?
Il conclut ensuite ces deux versets par deux attributs qui s’imposent dans ce contexte : « Et sachez qu’Allah est le Riche, le Digne de louange. » Sa suffisance et Sa louange excluent qu’Il accepte ce qui est vil : celui qui se contente d’une chose mauvaise ne le fait que par besoin, ou parce que son âme – imparfaite et peu noble – ne l’en repousse pas. Quant à Celui qui n’a besoin de rien, dont la dignité est éminente et les perfections accomplies, Il ne saurait l’agréer.
[Sourate al-Baqara (2) : verset 268]
« Satan vous promet la pauvreté et vous enjoint la turpitude, tandis qu’Allah vous promet de Sa part pardon et faveur ; et Allah est Vaste, Omniscient. » 268
Ce verset renferme l’exhortation la plus vigoureuse à dépenser dans le chemin d’Allah, exprimée dans les termes les plus éloquents. Il expose l’agent qui pousse à l’avarice et celui qui incite à la libéralité, décrit ce vers quoi chacun de ces deux appels convie, ainsi que la manière dont ils opèrent.
Le Très-Haut nous apprend que l’instigateur de l’avarice et de la pingrerie est Satan, et que son moyen consiste à leur faire craindre la pauvreté s’ils dépensent leurs biens. Tel est, chez la plupart des hommes, le ressort dominant : lorsqu’un individu s’apprête à verser l’aumône ou à faire un don, il ressent dans son cœur