comme ce tourbillon embrasé qui réduit en cendres le verger qu’il avait fait pousser par son obéissance et ses bonnes œuvres.
Si celui qui, après avoir obéi à Allah, se met à Lui désobéir se représentait clairement cette image et la méditait comme il convient, jamais – par Allah – son âme ne lui soufflerait l’idée d’incendier et de perdre ainsi ses bonnes actions. Mais, au moment de la faute, sa science s’éclipse inévitablement ; c’est pour cette raison qu’il mérite le qualificatif d’« ignorant ». Quiconque désobéit à Allah est, en vérité, un ignorant.
On pourrait demander : dans la parole du Très-Haut : « et voilà que la vieillesse l’atteint », le wa est-il une conjonction de circonstance ou de simple coordination ? Et, s’il s’agit de coordination, à quoi rattache-t-il ce qui suit ?
Je réponds qu’il y a deux opinions.
-
Il s’agit du wa circonstanciel, selon l’avis d’az-Zamakhsharî : « L’un de vous aimerait-il posséder un jardin tel, tel et tel… alors qu’il est devenu vieux et que sa descendance est faible ? »
-
Il s’agit du wa de coordination, rapporté au sens implicite, car le verbe de souhait – « ayawaddu ahadukum… » – sert souvent pour un fait passé. Le sens devient : « L’un de vous aimerait-il avoir eu un jardin de palmiers et de vignes, puis, la vieillesse l’ayant atteint, qu’il subisse ce qui vient d’être décrit ? »
Considère encore comment le Très-Haut a comparé celui qui dépense par ostentation, sans que son aumône émane de la foi, à un roc couvert de poussière : rien n’y pousse ; sa semence se perd, faute de foi et de sincérité. Puis Il a donné l’exemple de celui qui œuvre dans l’obéissance avec une intention pure pour Allah, mais qui accomplit ensuite ce qui annule sa récompense : il est semblable à un jardin parmi les plus beaux, les plus doux et les plus florissants qu’un tourbillon de feu vient frapper et consumer. Dans ce second cas, quelque chose avait effectivement germé, l’action avait porté ses fruits, puis le feu l’a détruite ; tandis que, dans le premier, rien ne s’était développé pour que le feu pût l’atteindre.
Béni soit Celui qui a fait de Sa parole la vie des cœurs, la guérison des poitrines, une direction et une miséricorde pour les croyants.
[La Vache, 2 : 267]
« Ô vous qui croyez ! Dépensez des meilleures choses que vous avez acquises et de ce que Nous avons fait sortir pour vous de la terre. Et ne décidez pas de donner ce qu’il y a de vil, ce que vous n’accepteriez vous-mêmes qu’à fermer les yeux. Et sachez qu’Allah est le Riche, le Digne de louange. » (267)