On a avancé que le mot « fruits » mentionné dans la sourate La Caverne comme dans la sourate La Vache désignerait en réalité les profits et les richesses ; or, le contexte montre clairement qu’il s’agit des fruits au sens propre, rien d’autre. En effet, dans La Vache (2 : 266) Allah dit : « il y possède toutes sortes de fruits », puis : « un tourbillon chargé de feu la frappa et elle brûla. »
Dans La Caverne (18 : 42) Il déclare : « Ses fruits furent anéantis ; il se mit alors à se tordre les mains pour tout ce qu’il y avait dépensé, tandis qu’elle gisait, effondrée sur ses treilles. » Il n’y est donc question que des fruits du jardin.
Vient ensuite la parole : « et voilà que la vieillesse l’atteint », allusion à l’intense besoin qu’il a de son domaine et à l’attachement de son cœur pour plusieurs raisons :
- Son âge avancé ne lui permet plus de gagner sa vie par le travail, le commerce, etc.
- Plus l’être humain vieillit, plus son avidité s’exacerbe.
- Il a des enfants ; il tient donc à la survie de son jardin pour subvenir à ses besoins et aux leurs.
- Ces enfants sont faibles ; ils ne lui apportent aucune aide par leur force ou leur gestion et ne représentent pour lui qu’une charge.
- Leur entretien repose entièrement sur lui, en raison de leur faiblesse et de leur incapacité.
Voilà jusqu’où peut aller l’attachement du cœur à ce jardin : à sa propre valeur s’ajoute l’extrême nécessité dans laquelle se trouvent l’homme et sa descendance. Si tu conçois cet état et ce besoin impérieux, imagine la catastrophe qui s’abattrait sur cet homme si son verger était frappé par un tourbillon – ce vent qui tournoie sur le sol puis s’élève en colonne dans l’atmosphère, chargé de feu – qui le traverse, l’incendie et le réduise en cendres.
Par Allah, al-Hasan a dit vrai : « C’est une parabole que bien peu de gens comprennent. » C’est pourquoi Allah a souligné la grandeur de cet exemple et a poussé les cœurs à y réfléchir, tant ils en ont besoin, lorsqu’Il dit : « Ainsi Allah vous expose Ses signes : peut-être réfléchirez-vous. »
Si l’homme sensé méditait cette parabole et la plaçait comme la qibla de son cœur, elle lui suffirait et le guérirait. De même, le serviteur qui, après avoir obéi à Allah, y ajoute ce qui annule et consume cette obéissance – des actes de désobéissance – serait