Quant à la parole du Très-Haut : « qu’il possède un verger de palmiers et de vignes », ces deux espèces ont été mentionnées de façon privilégiée parce qu’elles sont les plus nobles et les plus bénéfiques des fruits : on y trouve l’aliment de base et la subsistance, le remède, la boisson, le fruit de table, le sucré comme l’acide ; elles se consomment fraîches ou sèches, et leurs bienfaits sont innombrables.
Les savants ont divergé pour savoir laquelle des deux est la plus utile et la meilleure : certains donnent la prééminence au palmier-datier, d’autres à la vigne, chacun avançant ses preuves ; nous les avons détaillées ailleurs.
Le propos décisif est que cela varie selon les régions. Allah – exalté soit-Il – a voulu que la domination de l’une ne s’établisse pas là où règne l’autre. Ainsi, dans les terres où le palmier est souverain, la vigne ne produit ni abondance ni profit, car elle ne prospère que dans une terre meuble, douce, tempérée et non saline, où elle croît et foisonne. Le palmier, en revanche, se développe et se multiplie dans une terre chaude et saumâtre, milieu qui ne convient pas à la vigne. Dès lors, le palmier, sur sa propre terre, est plus utile et meilleur que la vigne, tandis que la vigne, sur son terroir, surpasse le palmier. Allah sait mieux.
En somme, ces deux fruits sont les plus nobles et les plus excellents ; le verger qui les réunit est donc le plus prestigieux des vergers, et, de surcroît, des rivières coulent au-dessous de lui – ce qui parachève sa perfection et accroît sa valeur. En outre, il ne manque rien des fruits désirables, car « il y dispose de toutes sortes de fruits » ; simplement, ce verger trouve son principal intérêt et son ornement dans les palmiers et les vignes. Il n’y a donc aucune contradiction entre l’expression « un verger de palmiers et de vignes » et la phrase « il y dispose de toutes sortes de fruits ».
Un passage analogue se lit dans la parole divine (18 : 32-33) : « Propose-leur la parabole de deux hommes : Nous avons accordé à l’un d’eux deux jardins de vignes que Nous avons entourés de palmiers et, entre les deux, Nous avons placé un champ de céréales. Chacun des deux jardins donnait ses récoltes sans jamais faillir ; Nous avons même fait jaillir un ruisseau entre eux, et il possédait d’autres biens. »