fertile, fait pousser sept épis, et chaque épi renferme cent grains ; pourtant, derrière cette dépense se dresse un obstacle qui l’empêche de croître et de fructifier, de même qu’une pierre tapie sous la terre interdit à la semence d’y germer : rien ne lève, rien ne sort.
[Sourate 2, v. 265]
« L’exemple de ceux qui dépensent leurs biens dans le seul but de plaire à Allah et par ferme conviction intérieure est celui d’un jardin situé sur une colline : une pluie torrentielle l’arrose, il donne alors le double de son fruit ; et s’il n’est pas atteint par une pluie torrentielle, une simple rosée suffit. Allah voit parfaitement ce que vous faites. » (2 : 265)
Tel est l’exemple de celui dont la dépense procède de la sincérité et de la véracité. Rechercher l’agrément du Très-Haut, voilà la sincérité ; la fermeté intérieure au moment de donner, voilà la véracité. En effet, celui qui fait l’aumône est exposé, au moment d’agir, à deux fléaux ; s’il en triomphe, son cas correspond à l’image décrite dans ce verset.
- Le premier fléau consiste à rechercher, par son don, louange, éloge ou tout autre avantage mondain ; c’est la situation de la plupart des donateurs.
- Le second est la faiblesse de l’âme : elle tergiverse, se laisse aller, hésite à donner.
Le premier disparaît lorsqu’on vise la seule satisfaction d’Allah. Le second s’évanouit grâce à la fermeté : raffermir l’âme, c’est la pousser au courage, la fortifier et l’entraîner à la dépense. Ainsi, vouloir exclusivement la Face d’Allah est la marque de la sincérité ; affermir son âme pour donner est la preuve de sa véracité.
Lorsque la dépense jaillit de ces deux qualités, son exemple est celui d’une janna – un verger foisonnant d’arbres –, densément couvert et nullement dégagé comme une plaine nue. Et ce verger se trouve sur une ribwa, un emplacement élevé ; il est plus parfait qu’un jardin niché dans un creux ou un bas-fond, car, placé en hauteur, il reçoit le souffle des vents et des brises, il est baigné de soleil à l’aurore, au zénith et au couchant. Ses fruits en deviennent plus mûrs, plus savoureux, plus beaux et plus nombreux ; les fruits gagnent en qualité grâce au vent et au soleil, contrairement à ceux qui poussent à l’ombre.
Un jardin ainsi situé ne craint guère que la rareté de l’eau. Aussi le Très-Haut a-t-Il dit : « Une pluie torrentielle l’arrose » ; le wâbil est cette averse abondante. Il rend alors son fruit, livre ses bénédictions et produit le double de ce que donnent d’autres jardins, ou le double de ce qu’il aurait produit sans cette pluie. Tel est l’état des devanciers, les plus rapprochés.
« Et s’il ne la touche pas une pluie torrentielle, une fine rosée lui suffit » : moins abondante que le wâbil, elle suffit toutefois, tant est noble la terre où il est planté et excellent le lieu où il pousse. Une simple rosée lui permet de livrer sa bénédiction. Tel est l’état des justes et des tempérants dans