Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

le pardon accordé au mendiant lorsque, déçu par ton refus, il laisse percer quelque brusquerie ou te cause un tort ; lui pardonner est alors préférable à lui donner l’aumône tout en l’offensant. Telle est l’explication la plus répandue parmi les deux avis relatifs au verset.

Le second avis veut que la « maghfira » renvoie au pardon d’Allah : c’est-à-dire qu’en retour de la parole convenable et de la réponse bienveillante, Allah vous accorde Son pardon – ce qui demeure meilleur qu’une aumône suivie d’une offense.

On a proposé un troisième avis : il s’agirait du pardon et de l’indulgence venant du mendiant lui-même lorsque l’interrogé s’excuse et se déclare empêché ; cette attitude du mendiant vaudrait mieux que de recevoir une aumône entachée d’offense.

L’explication la plus claire reste la première, suivie de la seconde ; la troisième est très faible, car l’interpellation coranique vise le donateur auquel on s’adresse, non le mendiant qui reçoit. Le sens est donc : la parole aimable, l’indulgence et le pardon que tu accordes valent mieux pour toi que de donner l’aumône et d’y joindre l’offense.

Le verset se conclut par deux attributs en parfaite adéquation avec son propos : « Allah est le Riche, le Longanime. » Cela renferme deux enseignements :

  1. Allah se suffit à Lui-même ; rien de vos aumônes ne L’atteint. Le profit essentiel de la dépense vous revient, non à Lui – exalté soit-Il. Comment l’un d’entre vous peut-il alors se vanter de sa dépense et blesser autrui tandis qu’Allah n’a nul besoin de cette aumône ni de quoi que ce soit d’autre ? Pourtant, Il se montre Longanime, ne châtiant pas sur-le-champ celui qui se vante ; cette mention sous-entend à la fois menace et mise en garde.

  2. Tout en étant parfaitement Riche sous tous rapports, Allah se caractérise par la longanimité, l’indulgence et le pardon, tout en prodiguant Ses dons et Ses largesses abondantes. Comment donc l’un d’entre vous pourrait-il nuire par son rappel intéressé et son offense alors que ce qu’il donne est dérisoire, rare, et qu’il demeure pauvre ?

Puis vient ce verset :

[Sourate al-Baqarah (2) : 264] : « Ô vous qui avez cru ! N’annulez pas vos aumônes par le rappel intéressé et l’offense, à la manière de celui qui dépense son bien pour être vu des gens et ne croit ni en Allah ni au Jour dernier. Son exemple est celui d’un rocher couvert de poussière : qu’une pluie torrentielle s’y abatte, elle le laisse à nu. Ils ne tirent rien de ce qu’ils ont acquis. Allah ne guide pas les gens mécréants. »

Ce verset nous informe donc que le rappel intéressé et l’offense annulent l’aumône ; il prouve qu’une bonne action peut être réduite à néant par une mauvaise, comme le confirme encore cette parole du Très-Haut :

[Sourate 49, verset 2] : « Ô vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète, ne l’interpellez pas à voix haute comme vous le faites les uns avec les autres, de peur que vos œuvres ne soient anéanties sans que vous vous en rendiez compte. »

Nous avons déjà traité cette question au début de cette épître ; il est donc inutile

مغفرة للسائل إذا وجد منه بعض الجفوة والأذى لك بسبب رده فيكون عفوه عنه خيرا من أن يتصدق عليه ويؤذيه. هذا على المشهور من القولين في الآية، والقول الثاني: أن المغفرة من الله أي مغفرة لكم من الله بسبب القول المعروف والرد الجميل خير من صدقة يتبعها أذى، وفيها قول ثالث أي مغفرة وعفو من السائل إذ ردّ وتعذر المسؤول خير من أن ينال بنفسه صدقة يتبعها أذى. وأوضح الأقوال هو الأول ويليه الثاني والثالث ضعيف جدا لأن الخطاب إنما هو للمنفق المسؤول لا للسائل الآخذ. والمعنى: أن قول المعروف له والتجاوز والعفو خير لك من أن تصدق عليه وتؤذيه، ثم ختم الآية بصفتين مناسبتين لما تضمنته فقال: وَاللَّهُ غَنِيٌّ حَلِيمٌ وفيه معنيان. أحدهما: إن الله غني عنكم لن يناله شيء من صدقاتكم وإنما الحظ الأوفر لكم في الصدقة فنفعها عائد عليكم لا إليه ﷾ فكيف يمن بنفقته ويؤذي مع غني الله التام عنها وعن كل ما سواه ومع هذا فهو حليم إذ لم يعاجل المان بالعقوبة. وفي ضمن هذا: الوعيد والتحذير. والمعنى الثاني: أنه ﷾ مع غناه التام من كل وجه فهو الموصوف بالحلم والتجاوز، والصفح مع عطائه وصدقاته العميمة، فكيف يؤذي أحدكم بمنه، وأذاه مع قلة ما يعطي ونزارته وفقره، ثم [سورة البقرة (٢) : آية ٢٦٤] يا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تُبْطِلُوا صَدَقاتِكُمْ بِالْمَنِّ وَالْأَذى كَالَّذِي يُنْفِقُ مالَهُ رِئاءَ النَّاسِ وَلا يُؤْمِنُ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ فَمَثَلُهُ كَمَثَلِ صَفْوانٍ عَلَيْهِ تُرابٌ فَأَصابَهُ وابِلٌ فَتَرَكَهُ صَلْداً لا يَقْدِرُونَ عَلى شَيْءٍ مِمَّا كَسَبُوا وَاللَّهُ لا يَهْدِي الْقَوْمَ الْكافِرِينَ (٢٦٤) فتضمنت هذه الآية الإخبار بأن المن والأذى يحبط الصدقة، وهذا دليل على أن الحسنة قد تحبط بالسيئة مع قوله تعالى: ٤٩: ٢ يا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تَرْفَعُوا أَصْواتَكُمْ فَوْقَ صَوْتِ النَّبِيِّ وَلا تَجْهَرُوا لَهُ بِالْقَوْلِ كَجَهْرِ بَعْضِكُمْ لِبَعْضٍ أَنْ تَحْبَطَ أَعْمالُكُمْ وَأَنْتُمْ لا تَشْعُرُونَ. وقد تقدم الكلام على هذه المسألة في أول هذه الرسالة فلا حاجة إلى

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