Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Si, dans la locution coranique, la conjonction « wa » avait été placée – « … et ils ne font pas suivre ce qu’ils ont dépensé d’un rappel intéressé et d’une offense » –, l’on aurait pu croire qu’il ne s’agissait là que d’une circonstance passagère. Or, puisque le rappel intéressé et l’offense, même lorsqu’ils surviennent longtemps après l’aumône, en annulent l’effet et privent de la récompense, il va de soi que, s’ils l’accompagnent au moment même de la dépense, le préjudice est plus grave encore.

Observe ensuite comment, dans ce verset, Allah a délibérément omis la particule de conséquence « fa » et a dit : « À ceux-là, leur salaire auprès de leur Seigneur », alors qu’Il emploie cette particule dans un autre verset (2 : 274) : « Ceux qui dépensent leurs biens, de nuit comme de jour, secrètement et au grand jour, – alors à ceux-là leur salaire auprès de leur Seigneur. » La « fa », placée au début du prédicat qui suit un nom relatif ou un adjectif, introduit l’idée de condition et de rétribution : la récompense est due en vertu même de la caractéristique décrite dans le sujet. Ici, le propos est plutôt de restreindre l’attribution de la récompense à une seule catégorie ; c’est pourquoi le verset se passe de la « fa ». Autrement dit, est seul digne de la récompense annoncée celui qui dépense son bien pour Allah sans rappeler sa largesse ni porter préjudice. Quant à celui qui dépense pour d’autres motifs et entache sa dépense de vanterie et d’offense, il n’y a pour lui aucune part dans ce salaire. Le contexte n’est donc pas celui d’une condition suivie d’un effet, mais celui de la désignation exclusive de l’ayant-droit.

Dans l’autre verset, Allah évoque la dépense « de nuit comme de jour, en secret comme en public », embrassant ainsi tous les moments et toutes les situations. Il y insère la « fa » afin de signaler que l’aumône, quelle que soit l’heure – nuit ou jour – et la modalité – discrète ou manifeste –, demeure toujours une cause de récompense. Que le serviteur se hâte donc de la réaliser : qu’il ne diffère pas l’aumône nocturne jusqu’au jour, ni celle du jour jusqu’à la nuit ; qu’il n’attende pas un moment de discrétion pour faire l’aumône publique, ni l’inverse. Car l’aumône, accomplie à tout instant et sous toute forme, entraîne invariablement salaire et gratification. Médite ces subtilités coraniques ; peut-être les remarqueras-tu encore dans les exégèses. La grâce et la faveur appartiennent à Allah seul, sans associé.

Puis vient cette parole d’Allah (2 : 263) :
« Une parole convenable et un pardon valent mieux qu’une aumône suivie d’une offense ; et Allah est le Riche, le Longanime. »

Il nous enseigne ici qu’« une parole convenable » – celle que les cœurs reconnaissent et n’ont pas à réprouver – et « le pardon » – c’est-à-dire l’absolution accordée à celui qui t’a lésé – sont préférables à une aumône accompagnée d’offense. La parole convenable est une bienfaisance verbale ; le pardon est une bienfaisance qui consiste à renoncer à la rétorsion et à la représaille. Ces deux formes d’excellence valent mieux qu’une bonne action ruinée par ce qui la contredit ; nul doute que deux bienfaits surpassent un bienfait annulé. Entre également dans le pardon

الإنفاق، ولو أتى بالواو، وقال: ولا يتبعون ما أنفقوا منا ولا أذى لأوهمت تقييد ذلك بالحال، وإذا كان المن، والأذى المتراخي مبطلا لأثر الإنفاق مانعا من الثواب. فالمقارن أولى، وأحرى، وتأمل كيف جرد الخبر هنا عن الفاء فقال: لَهُمْ أَجْرُهُمْ عِنْدَ رَبِّهِمْ وقرنه بالفاء في قوله تعالى: ٢: ٢٧٤ الَّذِينَ يُنْفِقُونَ أَمْوالَهُمْ بِاللَّيْلِ وَالنَّهارِ سِرًّا وَعَلانِيَةً فَلَهُمْ أَجْرُهُمْ عِنْدَ رَبِّهِمْ فإن الفاء الداخلة على خبر المبتدأ الموصول أو الموصوف تفهم معنى الشرط والجزاء وأنه مستحق بما تضمنه المبتدأ من الصلة أو الصفة، فلما كان هنا يقتضي بيان حصر المستحق للجزاء دون غيره جرد الخبر عن الفاء فإن المعنى أن الذي ينفق ماله لله، ولا يمن ولا يؤذي هو الذي يستحق الأجر المذكور لا الذي ينفق لغير الله، ويمن ويؤذي ينفقته فليس المقام مقام شرط وجزاء. بل مقام بيان للمستحق دون غيره. وفي الآية الأخرى ذكر الإنفاق بالليل والنهار سرا وعلانية. فذكر عموم الأوقات، وعموم الأحوال فأتى بالفاء في الخبر ليدل على أن الإنفاق في أي وقت وجد من ليل أو نهار وعلى أي حالة وجد من سر وعلانية. فإنه سبب الجزاء على كل حال فليبادر إليه العبد ولا ينتظر به غير وقته وحاله ولا يؤخر نفقة الليل إذا حضر إلى النهار، ولا نفقة النهار إلى الليل، ولا ينتظر بنفقة العلانية وقت السر، ولا بنفقة السر وقت العلانية فإن نفقته في أي وقت وعلى أي حال وجدت سبب لأجره وثوابه فتدبر هذه الأسرار في القرآن فلعلك تظفر بها إذ تمر بك في التفاسير والمنة والفضل لله وحده لا شريك له ثم [سورة البقرة (٢) : آية ٢٦٣] قَوْلٌ مَعْرُوفٌ وَمَغْفِرَةٌ خَيْرٌ مِنْ صَدَقَةٍ يَتْبَعُها أَذىً وَاللَّهُ غَنِيٌّ حَلِيمٌ (٢٦٣) فأخبر أن القول المعروف وهو الذي تعرفه القلوب ولا تنكره. والمغفرة وهي العفو عمن أساء إليك خير من الصدقة بالأذى. فالقول المعروف إحسان. وصدقة بالقول والمغفرة إحسان بترك المؤاخذة والمقابلة فهما نوعان من أنواع الإحسان، والصدقة المقرونة بالأذى حسنة مقرونة بما يبطلها ولا ريب أن حسنتين خير من حسنة باطلة. ويدخل في المغفرة

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