Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

de quelque chose, et que tu vois que même ton salâm lui pèse, alors dispense-le de ton salâm.

On disait encore : « Lorsque vous rendez service, oubliez-le ; mais si l’on vous rend service, n’oubliez jamais. » C’est dans ce sens que l’on a récité :
« Quiconque m’offre un bienfait puis me le rappelle ne fût-ce qu’une fois ;
— celui-là, par Allah, est un avare. »

On a aussi dit : « Tel est pareil à un roc nu (safwân) celui qui donne au solliciteur puis le lui reproche ; et tel est pareillement un roc celui qui refuse sa largesse et se montre avare. »

Allah a interdit à Ses serviteurs de rappeler leurs bienfaits et Il a réservé cet attribut à Sa propre majesté : de la part des créatures, ce rappel n’est qu’amertume et humiliation ; de la part d’Allah, il n’est qu’abondance et rappel à la gratitude.

En vérité, c’est Lui le Bienfaiteur réel ; les serviteurs ne sont que des intermédiaires, si bien que la faveur revient à Allah seul. De plus, rappeler son don revient à asservir, briser et avilir celui qui le reçoit ; or, servitude et humiliation ne conviennent qu’à Allah.

Rappeler le bienfait, c’est encore pour le donateur se proclamer maître de la grâce et de l’octroi, possesseur et dispensateur de la bénédiction ; or, cette qualité n’appartient en réalité qu’à Allah. Celui qui rabâche sa générosité s’érige au-dessus du bénéficiaire, se jugeant indépendant et puissant, et expose par-là la bassesse et la nécessité de l’autre : cela ne sied guère au simple serviteur.

Par ailleurs, le donateur a son salaire garanti par Allah, lequel lui rendra bien davantage que ce qu’il a donné ; la compensation de son aumône se trouve donc auprès d’Allah. Quel droit lui reste-t-il encore sur le bénéficiaire ? S’il la lui rappelle, il le lèse d’une injustice patente et revendique un droit qui n’est plus le sien.

C’est pourquoi — et Allah sait mieux — son aumône est annulée par ce rappel intéressé : l’échange devait se faire avec Allah, et le dédommagement était auprès de Lui ; mais il ne s’en contente pas, cherche la contre-partie chez le bénéficiaire et, en le gratifiant d’un reproche, il rompt son marché avec Allah. Réfléchis donc à ces exhortations qu’Allah adresse à Ses serviteurs, à la manière dont Il leur rappelle Sa seigneurie et Sa divinité exclusives, et comment Il invalide l’œuvre de quiconque Lui dispute le moindre aspect de Sa seigneurie ou de Sa divinité ; il n’est pas de divinité en dehors de Lui, pas de Seigneur si ce n’est Lui.

Enfin, par Ses paroles : « puis ne font pas suivre ce qu’ils ont dépensé d’un rappel intéressé ni d’une quelconque offense », Il montre que le rappel intéressé et le tort, même lorsqu’ils surviennent longtemps après l’aumône, nuisent à leur auteur et l’empêchent d’atteindre le but recherché.

شيئا ورأيت أن سلامك يثقل عليه فكنّ سلامك عنه، وكانوا يقولون: إذا اصطنعتم صنيعة فانسوها وإذا أسدى إليكم صنيعة فلا تنسوها، وفي ذلك قيل: وإنّ امرأ أهدى إلى صنيعة ... وذكرنيها مرة لبخيل وقيل: صفوان من منح سائله ومنّ، ومن منع نائله وضن، وحظر الله على عباده المن بالصنيعة واختص به صفة لنفسه لأنه من العباد تكدير وتعيير، ومن الله ﷾ إفضال وتذكير. وأيضا فإنه هو المنعم في نفس الأمر، والعباد وسائط فهو المنعم على عبده في الحقيقة، وأيضا فالامتنان استعباد، وكسر، وإذلال لمن يمن عليه ولا تصلح العبودية والذل إلا لله. وأيضا فالمنة أن يشهد المعطي أنه هو رب الفضل، والإنعام، وأنه ولي النعمة، ومسديها، وليس ذلك في الحقيقة إلا لله، وأيضا فالمانّ بعطائه يشهد نفسه مترفعا على الآخذ مستعليا عليه غنيا عنه عزيزا، ويشهد ذل الآخذ وحاجته إليه وفاقته ولا ينبغي ذلك للعبد، وأيضا فإن المعطي قد تولى الله ثوابه ورد عليه أضعاف ما أعطى فبقي عوض ما أعطى عند الله. فأي حق بقي له قبل الآخذ؟ فإذا امتن عليه فقد ظلمه ظلما بينا، وادعى أن حقه في قبله. ومن هنا والله أعلم بطلت صدقته بالمن فإنه لما كانت معاوضته ومعاملته مع الله وعوض تلك الصدقة عنده فلم يرض به، ولاحظ العوض من الآخذ والمعاملة عنده فمن عليه بما أعطاه بطلت معاوضته مع الله ومعاملته له، فتأمل هذه النصائح من الله لعباده ودلالته على ربوبيته، وإلهيته وحده، وأنه يبطل عمل من نازعه في شيء من ربوبيته، وإلهيته لا إله غيره، ولا رب سواه. ونبه بقوله: ثُمَّ لا يُتْبِعُونَ ما أَنْفَقُوا مَنًّا وَلا أَذىً على أن المن والأذى ولو تراخى عن الصدقة وطال زمنه ضر بصاحبه، ولم يحصل له مقصود

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