2 : 261 — « L’exemple de ceux qui dépensent leurs biens pour la cause d’Allah est celui d’un grain qui fait pousser sept épis ; dans chaque épi se trouvent cent grains. Allah multiplie (la récompense) pour qui Il veut, et Allah est Immensément Généreux, Omniscient. »
Ce verset apparaît comme une explication précise du nombre de multiplications qu’Il accorde à celui qui fait à Allah un prêt charitable. Le Très-Haut a choisi cette parabole pour imprimer dans les esprits l’image même de la démultiplication : un grain enfoui dans la terre fait germer sept épis, et chaque épi porte cent grains, si bien que le cœur, par sa clairvoyance, contemple cette multiplication comme l’œil voit les épis issus d’un seul grain. Le témoignage sensible vient ainsi renforcer le témoignage de la foi coranique ; la certitude de celui qui dépense s’en trouve affermie et son âme devient plus généreuse.
Observe encore comment, dans ce verset, le mot « épi » (sounbula) est mis au pluriel par « sanaabil », forme qui indique l’abondance, car le propos est ici de souligner la profusion et la multiplication. Dans un autre passage – « et sept épis verts, et d’autres desséchés » (Coran 12, 46) – le même mot est employé sous la forme du pluriel restreint « sunbulât », le chiffre sept se suffisant à lui-même et n’appelant pas l’idée d’excès.
Quant à la parole : « Allah multiplie pour qui Il veut », deux explications ont été avancées. La première entend que cette multiplication est réservée à qui Il veut, et non à tout donateur, car les situations diffèrent selon la qualité de la dépense, l’état et les dispositions du donateur, l’urgence du besoin, l’ampleur de l’utilité et la pertinence du geste. La seconde estime qu’Allah multiplie pour qui Il veut au-delà même de ce taux : Il ne s’arrête pas à sept cents, mais dépasse encore ce nombre pour des multiplications bien plus élevées.
Les exégètes ont également divergé sur l’analyse grammaticale de l’énoncé. Pour certains, il faut comprendre : « L’exemple de la dépense de ceux qui dépensent dans la voie d’Allah est comparable à un grain. » D’autres estiment qu’il faut entendre : « L’exemple de ceux qui dépensent dans la voie d’Allah est celui d’un semeur d’un grain », afin de faire correspondre exactement le comparé et le comparant. On discerne alors quatre éléments : le donateur, la dépense, le semeur et la semence. Or, le Très-Haut n’a retenu, de chaque catégorie, que l’élément essentiel. Du côté du comparé, Il a cité le donateur, car c’est son état qui importe, et a passé sous silence la dépense, déjà implicite dans le verbe « dépenser ». Du côté du comparant, Il a mentionné la semence, puisque c’est en elle que se produit la multiplication, et a omis le semeur, l’idée de prêt à Allah n’ayant aucun rapport avec lui. Contemple donc cette éloquence, cette concision qui, tout en demeurant brève, atteint le summum de la clarté.