Et d’autres passages analogues les ont conduits à dire : « Allah vous expose clairement (ces lois) de peur que vous ne vous égariez », c’est-à-dire par crainte que vous ne vous égariez, par répugnance à votre égarement, et ainsi de suite.
Cette interprétation se heurte toutefois à la formule : « de peur que l’une des deux ne se trompe ». En effet, s’ils la comprennent comme « par aversion à ce que l’une d’elles se trompe », le membre coordonné – « et que l’autre lui rappelle » – relèverait du même statut et le rappel deviendrait blâmé ; s’ils l’expliquent par « par volonté que l’une d’elles se trompe », l’erreur serait alors voulue.
La réponse est que ces mots doivent être saisis d’après leur sens implicite : « afin que l’une des deux rappelle l’autre si elle se trompe ». Tel est, indubitablement, le sens recherché.
Le shaykh Ibn Taymiyya, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit au sujet de la Parole du Très-Haut : « S’il n’y a pas deux hommes, qu’il y ait un homme et deux femmes parmi ceux que vous agréez comme témoins, de sorte que si l’une d’elles se trompe, l’autre lui rappelle » (Coran 2, 282).
Ce verset prouve que le témoignage de deux femmes est requis à la place d’un homme pour que l’une d’elles puisse rappeler l’autre lorsqu’elle se trompe. Cela ne concerne que les situations où l’erreur est habituellement à craindre, à savoir l’oubli et le manque de précision.
Le Prophète ﷺ a fait allusion à ce sens en disant : « Quant à la déficience de leur raison, c’est que la déposition de deux femmes équivaut à celle d’un homme. » Il a ainsi montré que la demi-valeur de leur témoignage est due à une faiblesse d’intellect, non à une faiblesse de religion. On comprend donc que la probité des femmes est au même niveau que celle des hommes ; seule leur capacité intellectuelle est moindre.
En conséquence, lorsqu’un témoignage ne prête pas habituellement à l’erreur, il n’est pas réduit à la moitié de celui d’un homme. Les cas où leur témoignage est accepté seules se limitent aux faits qu’elles voient, touchent ou entendent directement, sans qu’un raisonnement soit requis : l’accouchement, le premier cri du nouveau-né, l’allaitement, la menstruation, les lochies, ou les défauts corporels cachés sous les vêtements. De telles choses ne s’oublient généralement pas et leur constatation n’exige pas une pleine capacité intellectuelle, contrairement aux significations des propos qu’on peut entendre, tels que l’aveu d’une dette, qui requièrent une compréhension raisonnée et peuvent remonter à une date plus ancienne.