Sous cette parabole se cache un enseignement normatif : le Très-Haut a comparé la dépense au fait de semer. Ainsi, celui qui dépense pour Allah un bien licite et sain, et pour nul autre que Lui, ressemble à l’homme qui jette sa semence dans une terre fertile. Le rendement qu’il engrange dépend de la quantité de semence, de la qualité du sol, des soins prodigués à l’irrigation, de l’élimination des mauvaises herbes et des pousses étrangères. Lorsque ces conditions sont réunies, qu’aucun incendie ne ravage la culture et qu’aucun fléau ne l’atteint, la moisson arrive en monceaux comparables à des montagnes ; son exemple est alors celui « d’un verger situé sur un coteau ».
Ce coteau est un terrain élevé, exposé au soleil et aux vents, où les arbres se développent de la manière la plus parfaite. Une pluie abondante, à grosses gouttes et continue, tombe alors du ciel : elle l’abreuve et le fait prospérer, si bien que ce jardin produit le double de ce que d’autres vergers donnent, grâce à cette averse nourricière. Et si aucune averse n’y tombe, une simple bruine suffit — une pluie fine à petites gouttes — ; la noblesse de son sol est telle que le jardin se bonifie et croît même sous cette bruine.
La mention de l’averse et de la bruine fait allusion aux deux formes de dépense : généreuse ou modeste. Chez les hommes, les uns dépensent comme une averse, les autres comme une bruine. Or Allah ne laisse pas se perdre le poids d’un atome.
Que survienne pourtant à cet homme une cause qui brûle ses œuvres et anéantisse ses mérites, il devient semblable à celui qui possédait « un jardin de palmiers et de vignes sous lesquels coulaient des rivières ; il y avait là toutes sortes de fruits. La vieillesse l’atteignit, et il avait une descendance faible ; un tourbillon mêlé de feu s’abattit alors sur son jardin et le réduisit en cendres ». Lorsque viendra le Jour où les œuvres seront soldées et les rétributions acquises, cet homme découvrira que son travail a subi le même sort que le jardin de ce propriétaire ; son regret sera alors plus cuisant encore que celui-ci n’éprouva pour son verger.
Par cette image, Allah — exalté soit-Il — décrit la détresse ressentie lorsque la faveur est retirée précisément au moment où l’on en a le plus besoin, alors même que son importance et son utilité sont immenses. Celui qui en est privé est déjà miné par la vieillesse et la faiblesse ; jamais il n’a autant eu besoin de ce bien. En outre, il a des enfants frêles, incapables de subvenir à ses besoins ou de pourvoir à ses affaires ; ils sont eux-mêmes à sa charge. Son besoin de son jardin est dès lors plus pressant que jamais, à cause de sa propre fragilité et de celle de sa progéniture.
Quel sera donc l’état d’un tel homme s’il possède un vaste domaine contenant toutes sortes de fruits — les plus nobles et les plus utiles étant les dattes et le raisin —, et que le revenu de ce domaine suffise à sa subsistance comme à celle de ses enfants, mais qu’un matin il se réveille et