Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Coran, 2 : 245
« Qui donc consentirait à Allah un prêt vertueux ? Il le lui rendra multiplié maintes fois. C’est Allah qui resserre et qui étend, et c’est vers Lui que vous serez ramenés. » ⦗245⦘

Et Il dit encore : « Qui donc consentirait à Allah un prêt vertueux ? Il le lui rendra multiplié, et il recevra, en outre, une récompense généreuse. »

Le Très-Haut a ouvert le verset par la forme la plus délicate d’interpellation : l’interrogation à valeur d’invite, qui, pour susciter l’adhésion, est plus éloquente encore que l’impératif. Le sens en est : « Se trouvera-t-il quelqu’un pour offrir ce prêt vertueux, afin qu’il en soit rétribué par des multiples sans nombre ? »

Cette dépense a été qualifiée de « prêt vertueux » pour stimuler les âmes et les pousser à la largesse. En effet, lorsque le donateur sait que son bien lui reviendra à coup sûr, son âme s’adoucit et il le débourse aisément. S’il sait, de surcroît, que l’emprunteur est solvable, fidèle et bienfaisant, son geste gagne encore en agrément et en générosité.

Si, en plus, il apprend que l’emprunteur fera fructifier la somme prêtée, la fera croître et prospérer jusqu’à devenir de nombreux multiples de ce qu’il a avancé, il sera d’autant plus prompt – et même empressé – à accorder le prêt.

Et si, par-dessus tout, il sait qu’on lui ajoutera, par pure grâce, une récompense d’une autre nature que le prêt lui-même, cette part est alors immense, ce don infiniment noble ; nul ne s’en détournerait, sinon par un vice intérieur tel que l’avarice ou le manque de confiance dans la garantie.

Une telle attitude traduit la faiblesse de sa foi ; c’est pour cela que l’aumône constitue un témoignage probant en faveur de celui qui la verse.

Tous ces enseignements se trouvent englobés dans les termes mêmes du verset : Allah nomme cette dépense « prêt » et déclare que c’est Lui qui s’en fait l’emprunteur – non par besoin, mais par bienveillance envers le prêteur, pour l’inviter à commercer avec Lui et mesurer l’ampleur du profit. Car c’est Lui qui lui a octroyé sa fortune et qui l’appelle à la faire fructifier auprès de Lui.

Ensuite, Il renseigne sur ce qui reviendra au prêteur : des rétributions multipliées à l’infini. Puis Il annonce ce qu’Il ajoute encore par-dessus : un supplément de faveur, une récompense généreuse.

[سورة البقرة (٢) : آية ٢٤٥] مَنْ ذَا الَّذِي يُقْرِضُ اللَّهَ قَرْضاً حَسَناً فَيُضاعِفَهُ لَهُ أَضْعافاً كَثِيرَةً وَاللَّهُ يَقْبِضُ وَيَبْصُطُ وَإِلَيْهِ تُرْجَعُونَ (٢٤٥) وقوله: مَنْ ذَا الَّذِي يُقْرِضُ اللَّهَ قَرْضاً حَسَناً فَيُضاعِفَهُ لَهُ وَلَهُ أَجْرٌ كَرِيمٌ. صدر سبحانه الآية بألطف أنواع الخطاب، وهو الاستفهام المتضمن معنى الطلب، وهو أبلغ في الطلب من صيغة الأمر. والمعنى: هل أحد يبذل هذا القرض الحسن، فيجازي عليه أضعافا مضاعفة؟. وسمي ذلك الإنفاق قرضا حسنا حثّا للنفوس، وبعثا لها على البذل. لأن الباذل متى علم أن عين ماله يعود إليه ولا بد طوّعت له نفسه، وسهل عليه إخراجه. فإن علم أن المستقرض ملئ وفيّ محسن، كان أبلغ في طيب فعله وسماحة نفسه. فإن علم أن المستقرض يتجر له بما اقترضه، وينميه له ويثمّره حتى يصير أضعاف ما بذله كان بالقرض أسمح وأسمح. فإن علم أنه مع ذلك كله يزيده من فضله وعطائه أجرا آخر من غير جنس القرض، فإن ذلك الأجر حظ عظيم، وعطاء كريم، فإنه لا يختلف عن قرضه إلا لآفة في نفسه من البخل والشح، أو عدم الثقة بالضمان. وذلك من ضعف إيمانه. ولهذا كانت الصدقة برهانا لصاحبها. وهذه الأمور كلها تحت هذه الألفاظ التي تضمنتها الآية، فإنه سماه قرضا وأخبر أنه هو المقترض لا قرض حاجة، ولكن قرض إحسان إلى المقرض واستدعاء لمعاملته، وليعرف مقدار الربح، فهو الذي أعطاه ماله واستدعى منه معاملته به. ثم أخبر عما يرجع إليه بالقرض، وهو الأضعاف المضاعفة. ثم أخبر عما يعطيه فوق ذلك من الزيادة، وهو الأجر الكريم.

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