Le témoignage le plus éminent à ce sujet est celui rapporté par Muḥammad ibn Ḥar, d’après son père — lequel disait : « Mon oncle me raconta d’après son père ; mon père me raconta d’après son père » — d’après Ibn ʿAbbās (qu’Allah l’agrée) : « Il s’agit de l’enfant. » Ibn Zayd, pour sa part, a dit : « Il s’agit de l’acte conjugal. » Quant à Qatāda, il expliqua : « Recherchez la dispense qu’Allah vous a accordée. » Une autre version d’Ibn ʿAbbās mentionne : « Il s’agit de la Nuit du Destin. »
La conclusion la plus juste est la suivante : lorsque Dieu, dans Sa miséricorde, a allégé la charge de la communauté en autorisant les rapports charnels durant la nuit du jeûne jusqu’à l’aube, Il savait que la personne qui s’adonne à l’union est dominée par le désir et la recherche du plaisir, au point que nul autre souci ne lui vient à l’esprit. Il les a donc guidés, dans ce même moment de jouissance, à chercher Son agrément ; qu’ils ne s’approchent pas de leurs épouses sous le seul empire de la passion, mais qu’ils recherchent ce qu’Il a prescrit pour eux : la récompense et l’enfant qui sortira de leurs reins pour adorer Allah sans rien Lui associer. Qu’ils recherchent aussi, par amour pour Lui, la dispense qu’Il leur a concédée, car Allah aime que Ses dispenses soient acceptées tout comme Il déteste que l’on commette Sa désobéissance. Parmi ce qu’Il a prescrit pour eux figure également la Nuit du Destin ; Il leur a donc ordonné de la rechercher.
Reste une question : quel est le lien entre cette permission d’avoir des rapports avec leurs épouses et la recherche de cette nuit ?
La réponse est qu’il s’agit d’une orientation : que le plaisir légitime ne les détourne pas de la quête de cette nuit, meilleure que mille mois. C’est comme si le Très-Haut leur disait : « Assouvissez votre désir auprès de vos épouses pendant la nuit du jeûne, mais que cela ne vous empêche pas de rechercher ce qu’Allah a prescrit pour vous dans cette nuit dont Il vous a gratifiés. » Et Allah est plus savant.
[Sourate al-Baqara (2) : verset 216]
« Le combat vous a été prescrit, bien qu’il vous répugne ; il se peut que vous détestiez une chose alors qu’elle est un bien pour vous, et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle est un mal pour vous. Allah sait, et vous, vous ne savez pas. » (2 : 216)
Ce verset recèle plusieurs sagesses, secrets et intérêts pour le serviteur. En effet, lorsqu’il sait que ce qu’il réprouve peut l’amener à ce qu’il aime, et que ce qu’il aime peut le conduire à ce qu’il réprouve, il ne se sent plus à l’abri