Sibawayh explique : « Ton exemple, ô Muhammad, et celui des mécréants, est semblable à celui de l’homme qui crie et de l’animal interpellé. »
Suivant son commentaire, le sens devient : « L’exemple des mécréants et de celui qui les appelle est celui du troupeau et de celui qui le hèle. »
On peut tenir cette image pour une comparaison composée comme pour une comparaison décomposée.
• Si l’on y voit une comparaison composée, les mécréants — incapables de comprendre et de profiter — sont assimilés aux moutons qu’appelle le berger ; ils ne saisissent de ses paroles rien d’autre qu’un son nu, à savoir l’appel et le cri.
• Si l’on y voit une comparaison décomposée, les mécréants tiennent la place des bêtes, l’appel de celui qui les convie à la juste voie tient la place du cri, et le fait qu’ils ne perçoivent que la simple clameur correspond au troupeau qui n’entend du berger que le son de sa voix.
[Sourate al-Baqara (2) : verset 179]
« Il y a pour vous, dans le talion, la vie, ô gens doués d’intelligence ; peut-être craindrez-vous » (2 : 179).
Ces paroles renferment la réponse à une objection sous-entendue : mettre à mort ce corps noble, faire souffrir et anéantir cette âme, sans que cela ramène le défunt, ne risque-t-il pas d’augmenter encore la corruption née du meurtre ? Par quelle sagesse un tel acte émane-t-il de Celui dont la miséricorde embrasse toute chose et dont la sagesse déconcerte les esprits ? La réponse tient dans l’énoncé : « Il y a pour vous, dans le talion, la vie. »
En effet, quand le meurtrier pressent qu’il sera exécuté, à son tour, par talion, il renonce au crime, se retient et préfère l’amour de sa propre vie ; il y a donc préservation de sa vie et de celle qu’il aurait voulu ôter.
Sous un autre angle : lorsqu’un homme était tué au sein de leur clan et de leur tribu