le chemin qui mène à Allah est unique : c’est celui pour lequel Il a envoyé Ses messagers et fait descendre Ses Écritures. Nul n’accède à Lui sinon par cette voie. Quand bien même les hommes emprunteraient toutes les routes et frapperaient à toutes les portes, toutes les voies se trouveraient bouchées et toutes les portes fermées, à l’exception de cette voie unique, car elle est reliée à Allah et conduit à Allah. Le Très-Haut a dit :
15:41 « Voici un chemin droit qui mène vers Moi. »
Al-Ḥasan a commenté : « [Comprendre] : un chemin droit vers Moi. » Cette explication peut se comprendre de deux manières : soit il substitue une préposition à une autre – la particule « ʿalâ » tenant lieu de « ilâ » –, soit il expose simplement le sens, ce qui est plus conforme à la méthode des Anciens, à savoir : « un chemin qui conduit jusqu’à Moi. »
Mujâhid ⦗1⦘ a dit : « La vérité retourne à Allah ; vers Lui se trouve son chemin, sans dévier vers rien d’autre. » Cette parole rejoint celle d’Al-Ḥasan, en plus explicite encore, et elle figure parmi les exégèses les plus solides de ce verset.
D’autres ont avancé que la particule « ʿalâ » exprime ici l’obligation ; autrement dit : « Il M’incombe d’en exposer la voie et d’y guider. » Ces deux avis se retrouvent au sujet du verset de la sourate an-Naḥl : 16:9 « Il incombe à Allah de montrer le chemin droit. » Or l’avis le plus juste, tant pour ce verset que pour celui de la sourate al-Ḥijr, est que la voie qâṣid – c’est-à-dire droite et équilibrée – revient à Allah et conduit à Lui.
Tufayl al-Ghanawî a dit :
« Ils sont partis avant nous ; vers eux se dirige la voie rectiligne,
et la ronde des trépas emporte tour à tour les hommes. »
C’est-à-dire : notre passage se fait sur eux, et c’est vers eux que nous aboutissons.
Un autre poète a dit :
« Tels sont les trépas ; quelle que soit la vallée que tu empruntes,
sur eux passe ma route, ou sur moi passe la leur. »
On pourrait objecter : « Si l’on voulait signifier cela, la préposition la plus appropriée aurait été ilâ, qui marque l’aboutissement, et non ʿalâ, qui renvoie à l’obligation. Ne vois-tu pas que, lorsqu’Il a voulu exprimer l’arrivée… »