Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

le chemin qui mène à Allah est unique : c’est celui pour lequel Il a envoyé Ses messagers et fait descendre Ses Écritures. Nul n’accède à Lui sinon par cette voie. Quand bien même les hommes emprunteraient toutes les routes et frapperaient à toutes les portes, toutes les voies se trouveraient bouchées et toutes les portes fermées, à l’exception de cette voie unique, car elle est reliée à Allah et conduit à Allah. Le Très-Haut a dit :
15:41 « Voici un chemin droit qui mène vers Moi. »
Al-Ḥasan a commenté : « [Comprendre] : un chemin droit vers Moi. » Cette explication peut se comprendre de deux manières : soit il substitue une préposition à une autre – la particule « ʿalâ » tenant lieu de « ilâ » –, soit il expose simplement le sens, ce qui est plus conforme à la méthode des Anciens, à savoir : « un chemin qui conduit jusqu’à Moi. »
Mujâhid ⦗1⦘ a dit : « La vérité retourne à Allah ; vers Lui se trouve son chemin, sans dévier vers rien d’autre. » Cette parole rejoint celle d’Al-Ḥasan, en plus explicite encore, et elle figure parmi les exégèses les plus solides de ce verset.
D’autres ont avancé que la particule « ʿalâ » exprime ici l’obligation ; autrement dit : « Il M’incombe d’en exposer la voie et d’y guider. » Ces deux avis se retrouvent au sujet du verset de la sourate an-Naḥl : 16:9 « Il incombe à Allah de montrer le chemin droit. » Or l’avis le plus juste, tant pour ce verset que pour celui de la sourate al-Ḥijr, est que la voie qâṣid – c’est-à-dire droite et équilibrée – revient à Allah et conduit à Lui.
Tufayl al-Ghanawî a dit :
« Ils sont partis avant nous ; vers eux se dirige la voie rectiligne,
et la ronde des trépas emporte tour à tour les hommes. »
C’est-à-dire : notre passage se fait sur eux, et c’est vers eux que nous aboutissons.
Un autre poète a dit :
« Tels sont les trépas ; quelle que soit la vallée que tu empruntes,
sur eux passe ma route, ou sur moi passe la leur. »
On pourrait objecter : « Si l’on voulait signifier cela, la préposition la plus appropriée aurait été ilâ, qui marque l’aboutissement, et non ʿalâ, qui renvoie à l’obligation. Ne vois-tu pas que, lorsqu’Il a voulu exprimer l’arrivée… »

(1) L’imam Abû l-Hajjâj Mujâhid ibn Jabr, surnommé « l’érudit mecquois », fut, selon Husayf, « le plus versé de tous dans l’exégèse (tafsir) ». Al-Aʿmash relate : « Chaque fois qu’on voyait Mujâhid, il paraissait préoccupé. Interrogé, il expliqua : ‘ʿAbd Allâh – sous-entendu Ibn ʿAbbâs – m’a pris la main, puis le Messager d’Allâh, paix et bénédictions sur lui, a saisi la mienne en disant : “Ô ʿAbd Allâh, sois en ce monde tel un étranger ou un simple voyageur.”’ » Mujâhid mourut à La Mecque, en prosternation, en 103 de l’hégire, à l’âge de quatre-vingt-trois ans (voir Shadharat adh-Dhahab).
الطريق الموصل إلى الله واحد. وهو ما بعث به رسله وأنزل به كتبه. لا يصل إليه أحد إلا من هذه الطريق. ولو أتى الناس من كل طريق، واستفتحوا من كل باب، فالطرق عليهم مسدودة، والأبواب عليهم مغلقة، إلا من هذا الطريق الواحد. فإنه متصل بالله، موصل إلى الله، قال الله تعالى: ١٥: ٤١ هذا صِراطٌ عَلَيَّ مُسْتَقِيمٌ قال الحسن معناه: صراط إليّ مستقيم. وهذا يحتمل أمرين: أن يكون أراد به أنه من باب إقامة الأدوات بعضها مقام بعض، فقامت أداة «على» مقام «إلى» والثاني: أنه أراد التفسير على المعنى. وهو الأشبه بطريق السلف. أي صراط موصل إلي وقال مجاهد «١» : الحق يرجع إلى الله، وعليه طريقه، لا يعرّج على شيء. وهذا مثل قول الحسن وأبين منه. وهو من أصح ما قيل في الآية. وقيل: «على» فيه للوجوب، أي عليّ بيانه والدلالة عليه. والقولان نظير القولين في آية النحل. وهي: ١٦: ٩ وَعَلَى اللَّهِ قَصْدُ السَّبِيلِ والصحيح فيها كالصحيح في آية الحجر: أن السبيل القاصد- وهو المستقيم المعتدل- يرجع إلى الله، ويوصل إليه قال طفيل الغنوي: مضوا سلفا، قصد السبيل عليهم ... وصرف المنايا بالرجال تقلب أي ممرنا عليهم، وإليهم وصولنا. وقال الآخر: فهن المنايا: أيّ واد سلكته ... عليها طريقي، أو عليّ طريقها فإن قيل: لو أريد هذا المعنى لكان الأليق به أداة «إلى» التي هي للانتهاء، لا أداة «على» التي هي للوجوب. ألا ترى أنه لما أراد الوصول
(١) هو الإمام أبو الحجاج مجاهد بن جبر الحبر المكي، قال حصيف: كان أعلمهم بالتفسير، قال الأعمش: كنت إذا رأيت مجاهدا تراه مغموما، فقيل له في ذلك فقال: أخذ عبد الله يعني ابن عباس بيدي ثم أخذ رسول الله ﷺ بيدي وقال لي: «يا عبد الله كن في الدنيا كأنك غريب أو عابر سبيل» مات مجاهد بمكة وهو ساجد سنة ثلاث ومائة وهو ابن ثلاث وثمانين سنة. (انظر شذرات الذهب) .

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