Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Cet exemple renferme deux figures : le « nāʿiq », c’est-à-dire celui qui élève la voix pour appeler les brebis et les autres bêtes, et le « manʿūq bih », l’animal interpellé, autrement dit les bêtes de somme.

On a donc dit : le « nāʿiq » représente l’adorateur – celui qui invoque l’idole –, et l’idole constitue le « manʿūq bih », l’objet de l’invocation. L’état du mécréant quand il appelle ainsi son idole ressemble à celui de l’homme qui crie vers ce qui ne l’entend pas. Tel est l’avis d’un groupe, parmi lesquels ʿAbd al-Raḥmān ibn Zayd «1» et d’autres.

L’auteur du Kashshâf, suivi par plusieurs savants, a jugé cette explication problématique : l’expression coranique « illā duʿāʾan wa-nidāʾan » (« rien d’autre que des appels et des clameurs ») ne la corrobore pas, disent-ils, puisque les idoles n’entendent ni appel ni clameur.

Trois réponses ont été proposées à cette objection.

  1. La particule « illā » serait ici superfétatoire ; le sens serait alors : « vers ce qui n’entend ni appel ni clameur ». Ils citent à l’appui ce qu’al-Aṣmaʿī rapporte du vers : « ḥarājīj, mā tanfakku illā manākhatan », c’est-à-dire : « elle ne cesse de s’agenouiller ». Cette réponse est toutefois invalide, car « illā » n’est jamais redondant dans une phrase affirmative.

  2. La comparaison porte uniquement sur l’acte d’appeler, non sur la nature de l’entité appelée.

  3. Le sens est le suivant : ces gens, lorsqu’ils invoquent leurs divinités incapables de saisir leurs supplications, sont comparables au berger qui crie après son troupeau ; ses cris ne lui procurent aucun avantage, sinon qu’il émet des appels et des clameurs. De même, le polythéiste ne retire de l’invocation et du culte qu’il voue à son protecteur défunt que fatigue et peine.

On a encore dit : la comparaison vise les mécréants et des bêtes qui ne comprennent du discours du berger rien d’autre qu’un son ; le berger représente celui qui appelle les mécréants, et les mécréants sont les bêtes interpellées.

(1) ʿAbd al-Rahman b. Zayd b. Aslam al-ʿAdawi al-ʿUmari, affranchi de cette tribu et originaire de Médine, transmit des hadiths de son père et d’autres maîtres. Les spécialistes le jugent faible bien qu’abondant dans la narration. Il mourut en 182 H/799. Voir Shadharat adh-dhahab.
تضمن هذا المثل: ناعقا، أي مصوتا بالغنم وغيرها، ومنعوقا به. وهو الدواب. فقيل: الناعق العابد، وهو الداعي للصنم، والصنم: هو المنعوق به المدعو، وأن حال الكافر في دعائه كحال من ينعق بما لا يسمعه. هذا قول طائفة. منهم عبد الرحمن بن زيد «١» وغيره. واستشكل صاحب الكشاف وجماعة معه هذا القول، وقالوا قوله: إِلَّا دُعاءً وَنِداءً لا يساعد عليه. لأن الأصنام لا تسمع دعاء ولا نداء. وقد أجيب عن هذا الاستشكال بثلاثة أجوبة. أحدها: أن «إلّا» زائدة. والمعنى بما لا يسمع دعاء ونداء. قالوا: وقد ذكر ذلك الأصمعي في قول الشاعر: حراجيج ما تنفك إلا مناخة أي ما تنفك مناخة. وهذا جواب فاسد. فإن «إلا» لا تزاد في الكلام المثبت. الجواب الثاني: أن التشبيه وقع في مطلق الدعاء، لا في خصوصيات المدعو. الجواب الثالث: أن المعنى: أن مثل هؤلاء في دعائهم آلهتهم التي لا تفقه دعاءهم كمثل الناعق بغنمه فلا ينتفع من نعيقه بشيء، غير أنه هو في دعاء ونداء. وكذلك المشرك ليس من دعائه وعبادته وليه الميت إلا العناء. وقيل: المعنى: ومثل الذين كفروا كالبهائم التي لا تفقه مما يقول الراعي أكثر من الصوت. فإن الراعي هو داعي الكفار، والكفار هم البهائم المنعوق بها.
(١) هو عبد الرحمن بن زيد بن أسلم العدوي العمري مولاهم المدني روي عن أبيه وجماعة وهو ضعيف كثير الحديث توفي سنة اثنتين وثمانية ومائة. (انظر شذرات الذهب) .

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