Il n’est possible de sonder ce qu’ils dissimulent qu’au moyen de la révélation du Connaisseur de l’invisible, et jamais Allah ne fera prononcer par leurs langues un tel souhait.
Un groupe d’exégètes a dit : lorsque les Juifs prétendirent que l’au-delà auprès d’Allah leur était réservé à l’exclusion des autres, qu’ils étaient Ses fils, Ses bien-aimés et les privilégiés de Sa grâce, Allah les démentit dans leur prétention et déclara : « Si vous êtes véridiques, souhaitez donc la mort afin d’accéder au Paradis, demeure des délices. » Puis Il informa qu’ils ne la souhaiteraient jamais à cause des fardeaux et péchés que leurs propres mains avaient commis, obstacles qui les tiennent éloignés de ce qu’ils affirmaient. Il dit en effet : « Mais ils ne la souhaiteront jamais, à cause de ce que leurs mains ont préparé ; et Allah connaît parfaitement les injustes. »
Un autre groupe, parmi lesquels Muḥammad b. Isḥāq 1 et d’autres, a expliqué que ce passage s’apparente au verset de la mubāhala : lorsqu’ils se montrèrent obstinés, rejetaient la guidée qu’ils voyaient clairement et dissimulaient la vérité, le Prophète les invita à un moyen qui trancherait entre eux et lui : qu’ils invoquent la mort sur le menteur, le calomniateur. Dans ce contexte, le « souhait » (tamannī) est une requête et une invocation ; « souhaitez donc la mort » signifie donc : « demandez-la et invoquez-la contre celui qui profère le mensonge. »
Ainsi, l’injonction ne vise pas à souhaiter la mort pour vous-mêmes, comme l’entendaient les deux premières interprétations, mais à l’invoquer contre l’auteur du faux. Cela constitue une preuve plus éclatante, un argument de véracité plus décisif et met les adversaires à l’abri de la réplique : « Souhaitez-la donc vous-mêmes… »