l’expression de celui qui dirait : « Mon cœur est un étui, et les cœurs des croyants instruits sont des étuis, c’est-à-dire des réceptacles du savoir » ?
Or un étui peut contenir aussi bien ce qui est excellent que ce qui est médiocre. Il ne s’ensuit donc nullement, du simple fait que le cœur soit qualifié d’étui, qu’il renferme nécessairement la science et la sagesse ; cela est on ne peut plus clair.
Objection : dans l’interprétation que vous avez renforcée, quel est alors le sens de la particule de reprise, bal (« au contraire ») ? — Sur l’autre avis, c’est évident : vos cœurs ne sont pas le lieu du savoir et de la sagesse, mais ils sont scellés.
Réponse : le motif de cette reprise est parfaitement limpide. Ils se retranchaient derrière l’idée qu’Allah ne leur aurait pas ouvert la voie pour comprendre et reconnaître le message du Messager ; Il aurait, disaient-ils, placé leurs cœurs à l’intérieur d’enveloppes qui les empêchent de saisir — comment, dès lors, la preuve se dresserait-elle contre eux ? Ils en venaient pratiquement à prétendre que leurs cœurs avaient été créés revêtus de telles enveloppes, et qu’ils étaient donc excusés de ne pas croire.
Allah les a démentis et a déclaré : « Au contraire, Allah les a maudits pour leur mécréance » ; et, dans un autre verset (4 : 154) : « Au contraire, Allah a scellé leurs cœurs en raison de leur mécréance. » Le Très-Haut fait ainsi savoir que le sceau apposé et l’éloignement de Sa grâce ne sont dus qu’à la mécréance qu’ils ont choisie et préférée à la foi ; Il les a donc châtiés par le sceau et la malédiction.
En d’autres termes, Il n’a pas créé leurs cœurs, dès l’origine, tels des étuis incapables de percevoir ou de comprendre, pour ensuite leur ordonner de croire alors qu’ils n’en auraient pas la faculté ; ils ont plutôt commis des actes qui leur ont valu que Nous scellions et obstruions leurs cœurs.
Sourate al-Baqarah (2) : verset 94
« Dis : “Si l’Au-delà auprès d’Allah vous est réservé, à l’exclusion des autres hommes, souhaitez donc la mort, si vous êtes véridiques.” » 94
Sur ce verset, les exégètes tiennent un propos bien connu : ils affirment qu’il constitue un miracle du Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — ; il y mit les Juifs au défi, les invita à souhaiter la mort et annonça qu’ils ne la souhaiteraient jamais. Voilà l’un des signes de sa prophétie, car nul n