il évoque donc leurs deux parents – procédé bien plus apte à faire saisir ce sens que s’il n’avait mentionné que les seuls parents de l’espèce humaine. Or, le Très-Haut a rapporté que l’épouse mangea en même temps qu’Adam et qu’Il le fit descendre, l’expulsant du Jardin à cause de cette bouchée ; il est donc évident que l’épouse fut soumise au même verdict et connut le même sort qu’Adam.
Porter l’attention sur la situation des deux ancêtres des thaqalayn (humains et djinns) était, en définitive, préférable à la concentrer sur le seul père et la seule mère des hommes ; réfléchis-y.
En somme, la parole divine : « Descendez ! Vous serez ennemis les uns des autres » exprime clairement le pluriel ; il n’est donc pas admissible de restreindre, sans raison valable, le duel que l’on lit dans « Descendez-en tous deux ».
Sourate al-Baqarah (2) : verset 88
« Ils dirent : “Nos cœurs sont scellés.” Mais Allah les a maudits pour leur mécréance, si bien que bien peu d’entre eux croient. » 88
Les exégètes divergent quant au sens de leur parole : « Nos cœurs sont ghulf. »
Un premier avis affirme : « Nos cœurs sont des réceptacles de la sagesse et de la science ; pourquoi donc n’assimileraient-ils pas ce que tu apportes, ou n’auraient-ils pas besoin de toi ? » D’après cette interprétation, ghulf est le pluriel de ghlâf (étui, enveloppe).
L’avis correct, adopté par la majorité des commentateurs, est le suivant : « Nos cœurs ne saisissent ni ne comprennent ce que tu dis. » Dans cette optique, ghulf est le pluriel de aghlaf, à l’image de aḥmar/ḥumr. Abû ʿUbayda déclare : « Tout objet contenu dans un étui est qualifié d’aghlaf ; on dit ainsi : une épée aghlaf, un arc aghlaf, ou un homme aghlaf, c’est-à-dire non circoncis. »
Ibn ʿAbbâs et Qatâda expliquent : « Un voile pèse sur nos cœurs ; ils sont renfermés dans des enveloppes et, de ce fait, n’entendent ni ne comprennent ce que tu dis. »
Telle est, en vérité, la signification correcte du verset, confirmée par de nombreux passages analogues dans le Coran, par exemple : 41 :5 : « Nos cœurs sont enfermés dans des étuis » et 18 :102 : « Leurs yeux étaient voilés pour ne pas se souvenir de Moi », entre autres.
Quant à l’opinion selon laquelle leurs cœurs seraient des réceptacles de la sagesse, rien, absolument rien, dans l’expression ne l’indique ; elle n’a nulle part d’équivalent dans le Coran qui permettrait de l’y ramener, et l’on ne se sert jamais d’un tel terme pour se louer soi-même de science ou de sagesse. Où donc avez-vous rencontré, dans l’usage, l’expression