les a explicitées en ces termes : « Deux de l’ovin, deux de la chèvre, deux du bovin et deux du chameau », établissant ainsi que les deux zawjayn sont les deux individus d’une même espèce. C’est dans ce sens que l’on dit encore : « zawjā khuff » – une paire de chaussons de cuir –, « zawjā ḥamām » – un couple de colombes –, et autres expressions analogues.
Il ne fait aucun doute qu’Allah – exalté soit-Il – a coupé toute ressemblance et toute assimilation entre les mécréants et les croyants. Il dit : 59 : 20 « Les gens du Feu ne sont pas comparables aux gens du Paradis. » Il dit aussi, s’agissant du croyant et du mécréant parmi les Gens de l’Écriture : 3 : 113 « Ils ne sont pas égaux… Parmi les Gens de l’Écriture, il est une communauté droite… »
De même, Il a rompu toute parité entre eux dans les dispositions de ce monde : ils ne se transmettent pas l’héritage, ne contractent pas mariage entre eux et ne se confient pas mutuellement la tutelle. De même que le lien s’est rompu dans le sens, il s’est rompu dans la dénomination ; c’est pourquoi le Coran leur applique le terme imraʾa (femme), simple marque du genre féminin, et non celui de zawja, qui suggère similitude et correspondance.
Réfléchis à cette idée : tu verras qu’elle s’accorde parfaitement avec la lettre et l’esprit du Coran. C’est pour cette raison qu’on dit « la femme (imraʾa) du mécréant » lorsque la femme est musulmane, ou « la femme du croyant » lorsque la femme est mécréante, et non « son épouse (zawja) » – Allah sait mieux.
Cette explication l’emporte sur l’opinion de ceux qui affirment que la compagne d’Abû Lahab n’est appelée que « sa femme » – et non « son épouse » – parce que les mariages des mécréants ne sauraient être légalement valides, à la différence de ceux des musulmans. Cet argument ne tient pas, puisque le terme imraʾa est également appliqué à la femme de Noé et à la femme de Loth, alors même que leur union était valide.
Considère encore cette nuance dans le verset des successions : lorsqu’Allah rattache le droit successoral au terme zawja, et non à imraʾa, comme dans 4 : 12 « Et, à vous, revient la moitié de ce qu’ont laissé vos azwâj », c’est pour indiquer que l’héritage n’advient qu’en vertu du lien conjugal, fondé sur la ressemblance et l’affinité, alors qu’il n’existe ni correspondance ni affinité entre le croyant et le mécréant ; il ne peut donc y avoir entre eux de transmission successorale. Les secrets que recèlent les mots et les tournures du Coran dépassent l’entendement des créatures.
[Sourate al-Baqarah (2) : verset 36]
« Satan les fit trébucher et les expulsa de l’état où ils se trouvaient. Nous dîmes : “Descendez ! Vous serez ennemis les uns des autres. Et, sur la terre, vous aurez demeure et jouissance pour un temps.” » (36)