[Coran, sourate al-Baqarah (2) : verset 30]
« Et lorsque ton Seigneur dit aux anges : « Je vais établir sur la terre un khalîfa (lieutenant). » Ils dirent : « Vas-Tu y placer quelqu’un qui y sèmera la corruption et y versera le sang, alors que nous Te glorifions en Te louant et proclamons Ta sainteté ? » Il répondit : « Je sais ce que vous ne savez pas. » (30)
Le Seigneur – exalté soit-Il – savait ce que le cœur d’Iblîs recelait de mécréance, d’orgueil et de jalousie, choses que les anges ignoraient. Lorsqu’Il leur ordonna de se prosterner, le contenu des cœurs des anges se manifesta : obéissance, amour, crainte révérencielle et soumission ; ils se hâtèrent donc d’obéir. En revanche, ce qui se trouvait dans le cœur de Son ennemi apparut aussi : arrogance, perfidie et jalousie ; il refusa, s’enfla d’orgueil et fut compté parmi les mécréants.
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Quant au terme « azwâj » (épouses), il est le pluriel de zawj. On dit aussi zawja, mais la première forme est plus élégante, et c’est elle que l’on rencontre dans le Coran. Ainsi, Allah dit à Adam : « Habite, toi et ta zawj, le Jardin » ; et, à propos de Zacharie (21 : 90) : « Nous lui rendîmes sa zawj apte à enfanter. »
Pour ce second emploi, Ibn ʿAbbâs a déclaré au sujet de ʿÂ’isha — qu’Allah l’agrée : « Elle est la zawja de votre Prophète ici-bas et dans l’au-delà. » Le poète al-Farazdaq a dit :
« Celui qui voudrait corrompre ma zawja
Ressemble à l’homme qui court vers une lionne en rut pour la provoquer. »
On rencontre également le pluriel zawjât ; il s’agit alors du pluriel de zawja, tandis que le pluriel de zawj est azwâj. Allah dit : « Eux et leurs azwâj seront à l’ombre, accoudés sur des divans » (36 : 56) ; et : « Vous et vos azwâj serez comblés » (43 : 7).
Le Coran emploie donc, pour les croyants, le terme zawj aussi bien au singulier qu’au pluriel, comme on l’a vu précédemment, et encore dans cette parole (33 : 6) : « Le Prophète a plus de droit sur les croyants qu’eux-mêmes, et ses azwâj sont leurs mères » ; et (33 : 28) : « Ô Prophète, dis à tes azwâj… »
S’agissant des polythéistes, en revanche, c’est le mot « imraʾa » (femme) qui est employé. Ainsi : « Que périssent les mains d’Abû Lahab… et sa femme, la porteuse de bois… » ; ou, à propos de Pharaon (66 : 10) : « Allah propose en exemple à ceux qui ont cru la femme de Pharaon. » Comme lui était idolâtre alors qu’elle croyait, le terme zawj ne lui est pas appliqué. De même (66 : 11) : « Allah propose en exemple à ceux qui ont mécru la femme de Noé et la femme de Loth… » Lorsqu’