des rivières et des fruits ; par la félicité de l’âme accordée par les épouses purifiées ; par la béatitude du cœur et la joie des yeux que procure la certitude que cette vie durera pour l’éternité, sans jamais connaître d’interruption.
« Al-azwâj » (les épouses) est le pluriel de zawj. La femme est un zawj pour l’homme, et l’homme est son zawj : telle est la tournure la plus élégante et la langue des Quraych. C’est dans ce registre qu’est descendu le Coran, comme dans cette parole (2 : 35) : « Habite, toi et ta zawj, le Jardin. » Certains Arabes disent zawja ; c’est rare et presque inusité.
Quant à « al-muṭahhara » (purifiées), bien qu’il s’agisse grammaticalement d’un adjectif appliqué au féminin singulier, on l’emploie ici pour un pluriel pléthorique comme s’il s’agissait d’un collectif, à l’instar de Sa parole (61 : 125) : « et des demeures agréables », ou de l’expression : « des forces apparentes », et autres exemples analogues.
Ces épouses « purifiées » sont exemptes de la menstruation, de l’urine, des lochies, des excréments, du mucus, de la salive et de toute souillure ou nuisance propre aux femmes d’ici-bas. Leurs cœurs sont également purifiés de toute mauvaise disposition, leurs caractères de tout trait blâmable ; leurs langues de toute grossièreté ou obscénité ; leurs regards de toute convoitise envers un autre que leur époux ; et leurs vêtements de la moindre tache ou saleté.
ʿAbd Allâh ibn al-Mubârak rapporte : Shʿuba nous a transmis, d’après Qatâda, d’après Abû Naḍra, d’après Abû Saʿîd, que le Prophète ﷺ, au sujet du verset « et pour eux, là-bas, des épouses purifiées », a expliqué : « exemptes de toute souillure », puis il précisa : « de la menstruation, des excréments, de la mucosité et de la salive. »
ʿAbd Allâh ibn Masʿûd et ʿAbd Allâh ibn ʿAbbâs ont dit : « “Purifiées” signifie qu’elles ne connaissent ni règles, ni besoins naturels, ni aucune impureté. » Ibn ʿAbbâs a encore déclaré : « Purifiées de toute souillure et nuisance : elles n’urinent pas, ne défèquent pas, n’ont pas de pertes, ne connaissent ni éjaculation, ni menstruation, ne crachent pas, ne se raclent pas la gorge et n’enfante pas. »
Qatâda a dit : « Purifiées du péché et de tout mal ; Allah, exalté soit-Il, les a délivrées de toute urine, excrément, souillure ou faute. »
ʿAbd ar-Raḥmân ibn Zayd a dit : « “Purifiée”, c’est celle qui ne menstruera jamais ; les épouses d’ici-bas ne sont pas ainsi : ne vois-tu pas qu’elles saignent et qu’elles cessent alors prière et jeûne ? » Il ajouta : « Tel fut aussi l’état d’Ève lorsqu’elle fut créée, jusqu’à ce qu’elle désobéisse. Lorsqu’elle désobéit, Allah lui dit : “Je t’ai créée, et désormais Je te ferai saigner comme tu as fait saigner cet arbre.” »