et aux animaux. Les croyants l’ont compris et ont mesuré la vie d’un prix inestimable qu’il leur procure. Ni le tonnerre ni l’éclair qu’il renferme – c’est-à-dire les menaces, avertissements, châtiments et représailles exemplaires par lesquels Allah a mis en garde quiconque transgresse Ses ordres, et qu’Il a promis de faire s’abattre sur ceux qui traitent de mensonge le Messager d’Allah ﷺ – ne les ont arrêtés. Pas davantage les injonctions rigoureuses qu’il contient, telles que le combat des ennemis, la patience face aux épreuves, ou les prescriptions pénibles pour les âmes parce qu’elles heurtent leurs passions : tout cela ressemble aux ténèbres, au tonnerre et à l’éclair. Mais celui qui connaît les lieux où tombe la pluie bienfaisante et la vie qu’elle engendre ne s’effraie pas de l’obscurité, du tonnerre ni de l’éclair qui l’accompagnent ; au contraire, il s’en réjouit et s’en félicite, dans l’espoir de la vie et de la fécondité qu’il attend au-delà.
Quant à l’hypocrite, son cœur est aveuglé ; son regard ne dépasse pas l’ombre : il ne perçoit qu’un éclair prêt à lui ravir la vue, une promesse grandiose et l’obscurité. Il en prend peur et s’en inquiète. Il met alors ses doigts dans ses oreilles pour ne pas entendre le fracas du tonnerre ; la vision de cet éclair, l’intensité de sa fulgurance et l’ampleur de sa lumière le terrifient. Il craint qu’elle ne lui emporte la vue, car ses yeux sont trop faibles pour la supporter. Le voilà donc plongé dans la nuit, entendant le grondement assourdissant du tonnerre et voyant cet éclair aveuglant : si la lueur vient à éclairer l’espace devant lui, il avance dans cette clarté ; dès qu’elle s’éteint, il reste figé, désemparé, ne sachant où aller. Par ignorance, il ne comprend pas que tout cela fait partie intégrante de l’averse qui rend la terre et la végétation vivantes – et qui devrait vivifier sa propre existence. Il ne perçoit rien d’autre que tonnerre, éclair et obscurité, sans conscience de ce qui se trouve au-delà. La solitude l’habite donc constamment, et la peur, l’effroi, ne le quittent jamais.
Celui, en revanche, qui s’est familiarisé avec l’averse, qui sait tout le bien, la vie et l’utilité qu’elle prodigue, et qui comprend qu’elle s’accompagne inévitablement de tonnerre, d’éclairs et de ténèbres à cause des nuages, se sent à l’aise avec ces phénomènes ; ils ne l’effraient pas et ne l’empêchent nullement de recueillir sa part de la pluie.
Tel est le parfait parallèle avec l’averse que Gabriel ﷺ a descendue, de la part du Seigneur des mondes – exalté soit-Il –, sur le cœur du Messager d’Allah ﷺ pour ranimer les cœurs et l’univers tout entier. Dans Sa sagesse, Il a voulu qu’elle fût accompagnée de nuages, de tonnerre et d’éclairs, tout comme la pluie terrestre ne se sépare pas de l’eau qu’elle charrie.