comprend pas : « On t’appelle d’un lieu lointain. » Il ajoute : « Dans l’exégèse, on lit encore : “On dirait qu’on les appelle depuis le ciel, si bien qu’ils n’entendent pas.” » Fin de citation.
Le sens est qu’ils n’entendent ni ne comprennent, exactement comme celui qu’on interpelle de très loin n’entend ni ne saisit le propos.
Quant à la mutité, Allah – le Très-Haut – a dit : « Sourds, muets, aveugles » ; buqmun est le pluriel de abkam, c’est-à-dire celui qui ne parle pas.
La mutité est de deux sortes : la mutité du cœur et celle de la langue, comme la parole est elle-même double : parole du cœur et parole de la langue. La plus grave est la mutité du cœur, de même que sa cécité et sa surdité sont plus redoutables que la cécité de l’œil et la surdité de l’oreille.
Allah – exalté soit-Il – les a donc décrits comme ne saisissant pas la vérité et comme n’ayant pas de langue pour la proclamer.
La science entre par trois portes : l’ouïe, la vue et le cœur. Or ces trois accès leur ont été fermés : l’ouïe par la surdité, la vue par la cécité et le cœur par la mutité. On retrouve la même idée dans Sa parole : « Ils ont des cœurs avec lesquels ils ne comprennent pas, des yeux avec lesquels ils ne voient pas, et des oreilles avec lesquelles ils n’entendent pas. » Allah – sublime soit-Il – réunit ces trois organes dans Sa parole ⦗46:26⦘ : « Nous leur avons accordé l’ouïe, la vue et des cœurs. Mais ni leur ouïe, ni leur vue, ni leurs cœurs ne leur ont servi à rien, car ils niaient les signes d’Allah. »
Ainsi, lorsqu’Il veut guider un serviteur, Il lui ouvre le cœur, l’ouïe et la vue ; et lorsqu’Il veut l’égarer, Il le rend sourd, aveugle et muet. Par Allah vient la réussite.
⦗2:19⦘ « Ou comme une averse venue du ciel : il y a en elle ténèbres, tonnerre et éclairs. Ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles face aux coups de foudre, par crainte de la mort, tandis qu’Allah cerne les mécréants de tous côtés. »
Le ṣayʿib désigne la pluie qui se déverse rapidement du ciel ; c’est une parabole du Coran qui vivifie les cœurs, à l’instar de la pluie qui redonne vie à la terre et à la végétation.